ALA.NI sort son album le 8 janvier 2016

On l’attendait avec impatience, l’album d’ALA.NI. Une chose est sûre, le 8 janvier, je serai de ceux qui se précipiteront dans les bacs pour me le procurer. La chanteuse anglaise, originaire des Caraïbes n’a pas cessé de faire parler d’elle tout au long de l’année 2015. Petite protégée de Damon Albarn, ou encore ancienne choriste de Mary J. Blige, ALA.NI a suscité la curiosité du public en dévoilant 12 chansons d’amour qu’elle a décliné dans 4 EP saisonniers. Elle vient d’ailleurs de clôturer l’année avec son EP d’hiver, en vente depuis le 21 décembre 2015. Outre le voile de mystère qui l’entoure, sa voix cristalline, d’une extrême pureté associé à un univers rétro des années 30 est sans aucun doute sa carte de visite.

Un conseil : si vous n’avez pas dépensé tout votre budget de noël, misez  sur l’album d’ALA.NI. Sinon empruntez auprès de vos amis ! L’artiste vaut vraiment le détour. Croyez moi !

We have been waiting ALA.NI’s album with impatience. One thing is certain : on 8th January I will be among those who will rush into the record stores to buy it. The English singer, originated from the Carribean has much to say for herself all along the 2015 year. As a Damon Albarn‘s protege or Mary J. Blige‘s former chorister ALA.NI has raised public interest with her 12 love songs declined in 4 seasonal EPs. She has just finished the year with her winter one, on sale since 21st December 2015. In addition to the shroud of mystery around her, her crystal-clear voice, of high purity, associated with a 30’s retro musical universe is undoubtedly her visiting card.

A piece of advice : if you have not spent all your Christmas budget, place your bet on ALA.NI’s album. Otherwise borrow from your friends ! The artist is worth  the detour. Take it from me !

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Lumières d’Afriques, Clap sur Gonçalo Mabunda le sculpteur mozambicain qui transforme les armes de guerre en objets d’arts

L’exposition, Lumières d’Afriques vient de fermer ses portes ce mardi. Si la lumière s’est éteinte au Théatre du Palais Chaillot, elle continue de briller pour les 54 artistes africains qui nous ont éclairé, chacun à leur manière, sur la réalité et les conditions de vie dans leurs pays respectifs. Outre Aïda Muluneh et Nù Barreto qui nous ont livré leurs visions, espoirs et luttes pour une Afrique meilleure, nous retenons également, The Future, l’oeuvre de Napalo Mroivili qui résume si bien le quotidien des africains. En effet,  l’artiste a peint une ampoule cassée sur un châle comorien, qu’il a ensuite transformé en lampe à pétrole. Il démontre ainsi que face à l’adversité, il existe des solutions. Mais c’est sans aucun doute, le sculpteur mozambicain Gonçalo Mabunda qui nous laisse un message fort, plein d’espoir à travers son oeuvre « Light at the end of the tunnel ». Un message de paix qui prend tout son sens dans ce climat d’angoisse dans lequel nous vivons actuellement. Afrique sur scène s’est entretenu avec l’artiste qui transforme les armes de guerre en objets d’arts…

 

Pouvez-vous vous présenter… Quel est votre parcours ?

J’ai commencé à travailler comme coursier chez Nucleo de Arte (Association d’artistes du mozambique)en 1992. Quelques temps après, par curiosité, j’ai récupéré des chutes de matériels laissées par les artistes pour m’initier à la peinture. En 1994, après avoir été l’assistant d’Andries Botha dans le cadre de l’atelier UJAMAA IV, celui-ci me conseille d’aller me former aux techniques du métal et du bronze à l’université Tecknicon Natal en Afrique du Sud. C’est à partir de ce moment là que j’ai commencé à travailler la sculpture sur métal.

Vous représentez la Mozambique dans l’Exposition « Lumières d’Afrique » qui réunit les 54 pays Africains au Palais Chaillot à Paris. Qu’avez-vous ressenti à l’annonce de votre sélection ?

Je suis fier de faire partie des artistes sélectionnés. Juste parce que seul un artiste d’un pays du continent faisait l’objet d’une sélection. J’espère que mon travail sera à la hauteur des attentes des visiteurs.

Le thème de l’exposition c’est l’accès à l’énergie pour les tous les pays africains. Pensez-vous que la Mozambique est concernée par ce problème?

Je pense que oui. Une grande partie de la population n’a pas accès à cette énergie mais la situation est en train de changer progressivement. Il y a plus de personnes qui en ont maintenant accès, mais il reste encore beaucoup à faire.

Votre originalité repose sur le fait que vous utilisez des armes de guerre pour en faire des sculptures. Pourquoi ?

C’est en effet en transformant les armes de guerre en objets d’art que j’ai commencé à être connu. Ce sont des objets issus de la guerre civile qui a duré 16 ans au Mozambique. Après la guerre, le Conseil Chrétien du Mozambique a créé un projet qui consiste à échanger des armes de guerres contre des droits et de donner ces armes aux artistes qui eux les transforment en objets d’arts. Je faisais partie des artistes impliqués dans ce projet. Notre but n’était pas d’enterrer l’histoire mais de la montrer sous un autre angle en détournant un matériel capable de tuer pour le changer en un objet qui suscite la paix et la réflexion.

Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans votre travail ? Qu’est-il important pour vous de transmettre ?

D’abord, c’est transformer des armes de guerre, quelque chose capable de tuer en objet d’art. Ensuite, c’est amener les gens à réfléchir sur la peine que peut causer ce matériel et sa capacité à détruire le monde. Il est essentiel pour moi de créer et de transmettre aux autres mes préoccupations quotidiennes, mes opinions et de savoir que mon travail touche la sensibilité des gens.

Parmi tous vos travaux, quel est votre favori ?

J’ai fait pas mal de trônes qui sont tous spéciaux pour moi. Ma Tour-Eiffel entre autres a propulsé ma carrière et  a été acquise par un collectionneur français. Une Tour Eiffel réalisée au Mozambique et qui a pour destination la France.

Quels sont les sculpteurs africains que vous admirez ou qui vous inspirent ?

J’admire particulièrement le Sud africain Andries Botha. C’était mon professeur. Il y a d’autres artistes que j’admire : El Anatsui, Jane Alexander, Samuel Fosso, William Kentridge, Frédéric Bruly Bouabre, Marlène Duas, Titos Mabota, Chéri Samba et beaucoup d’autres encore.

Avez-vous un projet particulier sur lequel vous travaillez ou envisagez de travailler ?

En ce moment, je travaille sur un projet de monument pour la Banque Nationale du Mozambique.

L’oeuvre ci-dessous est notre coup de coeur. Pouvez-vous nous éclairer  ?

Cette pièce a été réalisé pour le projet « Lumières d’Afriques ». J’ai essayé de faire ressortir l’âme du projet. J’ai utilisé beaucoup de couleurs pour apporter de la lumière, ce qui contraste avec les armes de guerre, un matériel mort.

Découvrez les oeuvres de Gonçalo Mabunda sur son site internet : www.goncalo-mabunda.com

 

Lumières d’Afriques exhibition has just closed its door this Tuesday. If the light has turned off at the Chaillot National Theatre, it keeps on shining for the 54 African artists who has highlighted us, each on their own way, on the reality and living conditions in their respective countries. In addition to Aïda Muluneh and Nù Barreto who set out their visions, hopes and struggles for a better Africa, we keep in mind Napalo Mroivili’s artwork, « The Future » that sums up so well the everday life of African people. Actually, he has designed a broken bulb on a Comorian shawl that he has turned into a petroleum lamp so that to show that in face of adversity, there are always solutions. But it is undoubtedly, the Mozambican Gonçalo Mabunda who has conveyed us a strong message, filled with hope, through his artwork « Light at the end of the tunnel ». A message of peace that finds its meaning in this climate of fear in which we are currently living. Afrique sur scène has interviewed the artist who turns weapons into art pieces…

 

Tell us a little bit about yourself…What is your background ? When did you start showing interest in sculpture ?

I started to work at Nucleo de Arte (Artist Association of Mozambique) as a courier in 1992. For curiosity some time after I began to experiment with painting with the leftover material from other artists. In 1994 I became the assistant of Andries Botha at the workshop UJAMAA IV and after the workshop he suggested I go to South Africa to be trained in metal and bronze at Tecknicon Natal University. After this training I began to work with metal sculpture.

You represent Mozambique in « Lumière d’Afrique » exhibition that gathers the 54 African countries at Chaillot Nationale Theater in Paris. How do you feel with regards to your selection ?

I feel proud to be one of the artists selected and to represent my country. Specially because only one artist from each country of the continent was selected. I hope my work will fulfill the expectations.

The exhibition theme is the access to energy for all African countries. Do you think Mozambique is concerned about this ?

I think yes. The majority of the population does not have access to this energy but slowly this is changing, trying to reach more people. Yet, there is still much work to do.

Your originality relies on the fact that you use weapons for your sculptures. Why ?

It’s a fact that I became known for turning weapons in art pieces. This comes from the civil war in Mozambique, that lasted 16 years. After the war, in 1992, a religious organization, Christian Council of Mozambique, created a project that consisted in exchanging weapons for tolls and giving these to artists to turn this in art. I was one of the artists involved in this project. Our idea was not to burry history but to show it in another way, transforming deadly material in something for peace and reflexion.

What do you find exciting in your work ? What is important for you to convey ?

First, it’s transforming weapons, something deadly into art. Second, it’s making people think about the pain this material I use has brought to people and it’s capacity to destroy the world. It’s essential for me to create and convey to others my daily thoughts, my opinions and to have my work reached people’s sensitiveness.

Among your work, which one is your favourite ? Why ?

There are several thrones I have made that are special for me. My Eiffel Tower, that boosted my career and which was bought by a French collector. An Eiffel Tower made in Mozambique that goes to France.

Can you give us some examples of African sculptors that you admire or take inspiration from ?

I admire particularly Andries Botha from South Africa. He was my master. There are other artists I admire, as El Anatsui, Jane Alexander, Samuel Fosso, William Kentridge, Frédéric bruky Bouabre, Marlène Duas, Titos Mabota, Chéri Samba and many other ones.

Are you currently working on a particular project ?

At the moment I am working on a project to make a monument for the new Mozambican National Bank.

Your below picture is our crush. Can you highlight us about it ?

This piece was made for the project « Lumières d’Afriques », in which I tried to bring the soul of the project. I used a lot of colour to bring light contrasting with the weapons, a dead material.

Discover Gonçalo Mabunda’s artwork on his website : www.goncalo-mabunda.com

Lumières d’Afriques, Clap sur l’artiste plasticien Nù Barreto

 Nù Barreto est un artiste plasticien originaire de la Guinée Bissau. Ce passionné des arts découvre très tôt sa vocation au contact de son frère aîné qui l’initie au dessin. « La bande dessinée fut mon premier amour et mon compagnon de solitude imposé, un moment de communion entre l’art et moi », nous confie-t-il. Il quitte son pays à l’âge de 22 ans et s’installe en France pour étudier la photographie à l’école des Gobelins. Son oncle tente de le dévier de sa trajectoire, les métiers de l’art étant une voie difficile à embrasser. Malgré la relation conflictuelle qu’il entretient avec son oncle, le jeune guinéen s’accroche et réussit à boucler ses études. Après des débuts difficiles dans la photographie, Nù Barreto se tourne tout naturellement vers la peinture. La photographie me semblait assez statique et restreinte car elle n’apporte pas la possibilité d’ajouter des éléments importants pour permettre une lecture fluide et facile d’une œuvre (..) Par contre, la peinture et le dessin me permettent d’agir à ma convenance. L’invitation d’une amie à une exposition sera le point de départ de sa carrière artistique. Connu pour son travail d’artiste engagé, Nù dénonce dans la majorité de ses œuvres des problèmes de société. Aujourd’hui, son travail est exposé à l’international, notamment en France, au Portugal, en Espagne, au Brésil…Sélectionné pour représenter la Guinée Bissau à l’exposition Lumières d’Afriques, nous avons voulu en savoir plus sur l’artiste.

 

Vous représentez la Guinée-Bissau dans l’Exposition « Lumières d’Afrique » qui réunit les 54 pays Africains au Palais Chaillot à Paris. Qu’avez-vous ressenti à l’annonce de votre sélection ?

C’est tout simplement une joie de partager son expérience et son histoire avec les autres. J’ai eu dans le passé d’autres occasions de représenter la Guinée-Bissau. C’est toujours un moment d’échange fantastique. J’espère simplement la représenter dignement en montrant les préoccupations des guinéens au monde entier.

Le thème de l’exposition c’est l’accès à l’énergie pour tous les pays africains. Pensez-vous que la Guinée-Bissau est concernée par ce problème?

La Guinée Bissau est logée à la même enseigne que le reste du continent. Depuis son indépendance en 1973, le problème d’énergie comme tant d’autres n’a jamais été pris en compte sérieusement. Ce crucial et vital problème a toujours été traité par intermittence, comme si la vie et le développement du pays n’en dépendent pas.

Nous sommes dans une période de légère amélioration qui pour moi est aussi le symbole de la fragilité. Il y a des lustres qu’on nous parle d’un projet de construction d’un barrage hydraulique qui aurait une capacité suffisante pour la sous région…We are still waiting.

Votre dernière série tourne autour de personnages qui flottent dans les airs. Comment vous est venu cette idée ?

Je serai toute ma vie lié amoureusement à ma culture. Je puise en elle mes raisons de décrire et crier mes amertumes. Que ce soit des causes universelles ou pas, j’essaie de puiser les sources nécessaires pour en être compris.

En Guinée-Bissau, lorsque vous n’avez aucun soutien, on dit que vous êtes lâché comme du pollen dans l’air, d’où l’expression en Créole « Largadu suma lã na bentu ».

Par errance, en quête de liberté et de sens, ces personnages tératologiques envahissent mes oeuvres depuis longtemps et m’aident à trouver une solution à mes questions.

Pouvez-vous nous parler de cette couleur grisâtre omniprésente dans cette série ?

La couleur « Pretu Funguli » (Noir Funguli) reflète un désarroi et une situation. Lorsqu’un individu n’utilise pas de lotion pour le corps, sa peau devient blanchâtre et sèche, ce qui donne un aspect grisâtre sur les personnes noires ébène. Ce phénomène qui touche ceux vivant dans une pauvreté extrême est propre à l’Afrique et témoigne d’un flagrant déséquilibre économique et social. Ce sont souvent les enfants qui sont victimes de cette carence. La couleur « Pretu Funguli » a été extraite de ce phénomène puis  transposé de manière à décrier le sens du mot « Funguli ». En créole guinéen, ce mot veut dire « avoir la peau blanchâtre ». Aujourd’hui, il est entré dans le langage courant et est utilisé pour séparer les classes sociales. Pour endiguer ce fléau, je dénonce donc cette inégalité avec ma couleur de coeur, le « Pretu Funguli ». Elle fait partie de ma création actuelle et je poursuis ma démarche de manière à trouver une issue favorable. Une issue de compréhension.

Quels sont les peintres africains que vous admirez ou qui vous inspirent ?

Je préfère parler de considération et non d’admiration dans certains cas. Mise à part l’engagement dans la criarde ligne idéologique que je défends. Je pense avoir un travail antagonique et particulier. Le vécu est personnel à chacun, nous avons tous une histoire et un rêve à partager.

Je ne m’inspire pas de personnes. Je compose avec les vécus ou les expériences des autres.

J’apporte une réelle considération pour le travail de Ernesto Shikani (Mozambique), El Anatsui (Ghana), Iba Ndiaye (Sénégal), Ernest Duku (Cote d’Ivoire), Jacob Yacouba (Sénégal) ou encore Manuel Figueira (Cap Vert), Ludovic Fadairo (Bénin), Freddy Tsimba (RDC), Braima Injai (Guinée-Bissau), Soly Cissé (Sénégal)… enfin la liste est longue. La tranquillité de l’expression de Piniang (Sénégal) me passionne énormément ! Certains parmi la longue liste, ont construit une démarche pleine de sens et un travail consistant tandis que d’autres, plus jeunes, font un remarquable travail.

Je ne saurai citer ma préférence tant la liste est vaste.

L’Afrique a des grands artistes.

Avez-vous un thème particulier sur lequel vous travaillez ou envisagez de travailler ?

Je ne me suis jamais imposé une thématique à aborder. J’ai souvent suivi mon instinct et j’avoue que l’humanité me donne assez à faire.

J’ai un travail très engagé qui résulte de ma volonté de défendre des causes.

Je développe encore le Prétu Funguli (Noir Funguli), car j’estime avoir encore tant de choses à produire pour dénoncer. Je laisse libre cours au destin de continuer à m’imposer des causes à défendre.

Le thème de l’identité pourrait être un prochain combat, parce que depuis pas mal de temps, je me pose beaucoup de questions à ce sujet. A voir…

L’oeuvre ci-dessus est notre coup de coeur. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

Il fallait aborder le thème de la Lumière sous deux angles différents. Premièrement, Lumière comme source et deuxièmement, Lumière comme potentialité ou capacité de s’assumer en tant qu’africain et être humain.

De ce fait, Sukuru  qui est le titre de l’oeuvre a subi deux étapes.

En voulant tester et démontrer le résultat du manque de lumière, j’ai abordé l’étape initiale dans la pénombre totale, exprimant parallèlement la difficulté que le manque de lumière nous inflige.

La deuxième lecture consiste à poser ces personnages dans une position de totale capacité de leurs moyens et de montrer une émersion, têtes hautes et sans complaisance vers un nouveau monde. Les personnages ne sont pas à la recherche de considération par compromis ou intérêt mais désirent être considérés à leur juste valeur.

Ces deux approches juxtaposées me semblent indispensable si l’on considère la lumière comme source mais aussi Lumière d’une projection. J’ai ajouté quelques collages de textes pour faciliter la lecture de l’oeuvre et permettre à chacun une libre interprétation.

L’idée de confronter et exprimer les deux sens d’une seule Lumière, semble propice au confrontations des objectifs de développement d’une société.

Donc la lumière reste une source indéniable dont on aura éternellement besoin.

Découvrez les oeuvres de Nù Barreto sur son site internet : www.nubarreto.com

 

Nù Barreto is a visual artist originated from Guinea Bissau. This man of arts and passion discovered his vocation from his elder brother who taught him how to draw at an early age. « Comic strip was both my first love and my companion in solitude, a moment of connection between arts and I », he says. He moved to France at 22 and studied at the Paris based School of the Image, in Gobelins. His uncle persuaded him to change his orientation as visual arts are not something easy to handle. Despite the conflicting relationship he had with his uncle, the young Guinean persevered and managed to finish his studies. After a tough start in photography, Nù Barreto naturally turned to painting. « Photography sounded quite static and limited because it does not bring the possibility to add elements that allow you to have a clear and easy reading of the artwork (…) By contrast, painting and drawing can offer you the opportunity to act at your convenience ». The invitation to an exhibition from a friend of his will be the starting point of his artistic career. Known for his work of an engaged artist, Nù denounces social issues in most of his paintings. Today, his artwork is exhibited all over the world : France, Portugal, Spain, Brazil… Nominated to represent Guinea Bissau at Lumières d’Afriques Exhibition, Afrique sur scène wanted to know some more about the artist.

You represent Guinea Bissau in « Lumière d’Afrique » Exhibition that gathers the 54 African countries at Chaillot Nationale Theater in Paris. How do you feel with regards to your nomination ?

It is simply a great joy to share my experience and my story with others. In the past, I had other opportunities to represent Guinea Bissau. It is always a fantastic moment of exchange. I hope I will be a dignified representative and will be able to show Guinean concerns to the whole world.

Acces to energy for all African countries is the theme of  the exhibition. Do you think Guinea Bissau is concerned by this issue ?

Guinea Bissau is in the same boat as the rest of the continent. Since it recovered its independence in 1973, the energy issue, as well as many other ones, has never been taken into account seriously. This crucial and vital problem has always been addressed in an intermittent manner, as if life and development do not depend on it.

We have entered a period of slight improvement that is, in my eyes, a symbol of fragility. We have been waiting for ages, an hydraulic dam construction project that would have enough capacity for the sub-region…We are still waiting.

Your latest serie is about characters that appear to float in the air. How does this idea come out to you ?

I will be faithfull to my culture all of my life. I draw my inspiration from it to describe and express my resentments. Whether they are universal causes or not, I try to get enough inspiration from it so that to be  understood.

In Guinea Bissau, when you have no support, we say that you are released like pollen into the air, hence the Creole expression « Largadu suma lã na bentu ».

Wandering in search of freedom and meaning, those teratotolgy characters have been invading my artworks for a long time and have helped me find a solution to my questions.

Could you tell us more about the « Pretu Funguli », this greyish colour that defines your style for this serie ?

The « Preto Funguli » colour generates both a disarray and a situation. When an individual does not use body lotion for his skin, the latter becomes whitish and rough, providing that greyish aspect especially on dark skinned persons. This phenomenon that affecting people who are living in a severe poverty is specific to Africa and reveals an economic and social stark imbalance. Children are often the victims of this void. The « Pretu Funguli » colour has been extracted from this phenomenon and then transposed so that to denounce the meaning of the word « Funguli ». Guinean Creole defines that word as « having a whitish skin ». Today, it has entered the language and is used to separate social classes. To curb this problem, I am denouncing this inequality with my heart colour, the « Pretu Funguli ». It is part of my current creation and I continue my mission seeking a favourable outcome that ensures a thorough understanding.

Who are the African visual artists that you admire or take inspiration from ? 

I prefer talking about consideration and not admiration, in some cases. Aside for the involvment into the pressing ideological line that I have been defending. I think I have an antagonistic and particular work. Lived experience is something personal to eah of us. We all have a story and a dream to share. I do not draw inspiration from anyone. I am coping with the lived experience of others.

I have a real consideration for the work of Ernesto Shikani (Mozambique), El Anatsui (Ghana), Iba Ndiaye (Senegal), Ernest Duku (Ivory Coast), Jacob Yacouba (Senegal) ou encore Manuel Figueira (Cape Verde), Ludovic Fadairo (Benin), Freddy Tsimba (DRC), Braima Injai (Guinea-Bissau), Soly Cissé (Senegal)… the list is endless. The relative calm of Piniang’s expression (Senegal) passionates me a lot. Among this long list some of them have constructed an important path filled with meaning while other youngers have done an impressive work.

It is difficult to choose my favourite one as the list is so long. Africa has got great Artists.

What are you working on now or what are you planning to work on in the future?

I never impose myself a theme to undertake. I often follow my instinct and I must admit that humanity provides me enough to do. I have an engaged work that comes from my willing of defending causes.

I am still developing « Prétu Funguli  » (Black Funguli) because I think I still have a lot to produce if I wish to to denounce things. I hope destiny will keep on imposing me causes to defend.

The identity theme could be my next struggle because I find myself continually questioning about it.  We will see…

Your above artwork is our crush. Can you highlight us about it ?

I have to undertake the Light theme under two angles. First, Light as a source and second Light as a potential or an ability to assume oneself as an African or a human being.

As a result, Sukuru which is the artwork’s title has required a two step process.

While wanting to test and proving the result from the lack of light, I started the first step by working on the shadows, expressing at the same time the difficulty that situation could cause.

The second step consisted in having those characters in full possession of their faculties and showing an emersion, head-up without fear or favour towards a new world. The characters are not looking for compromise. They just want to be considered at their fair value.

A side-by-side comparison sounds essential if we consider Light as a source and also Light as a projection. I added some collages of newspapers so that to have an easy reading of the artwork and allow people to have their own interpretation.

The idea of confronting and express the two meanings of one Light sounds favourable to a society’s development goals.

Thus, Light remains a key source that will be needed forever.

Discover Nu Barreto’s artwork on his website : www.nubarreto.com

Lumières d’Afriques, Clap sur l’artiste Aïda Muluneh

Aïda Muluneh est une artiste et entrepreneuse culturelle basée à Addis Abeba. Elle quitte l’Ethiopie à l’âge de 5 ans et séjourne en Europe, au Yémen et au Canada. C’est au lycée, à Calgary qu’Aïda découvre la photographie. Elle prend conscience du pouvoir de l’image et notamment de la façon dont les gens associent une image à un pays. La vue de photos sur la famine, la souffrance en Ethiopie pousse Aïda à se documenter sur son pays afin de montrer une autre facette. Elle publie Past forward en 2009, un recueil d’image où elle livre un regard personnel sur la vie et la culture éthiopienne. Elle reçoit d’ailleurs le Prix international de la photographie. Aujourd’hui, la plupart de ses travaux photo mettent en valeur les femmes africaines et celles de la diaspora et font l’objet d’expositions à l’international, notamment aux Etats-Unis, à Cuba, en Allemagne, au Mali…Sélectionnée pour l’exposition Lumières d’Afriques qui se tient actuellement à Paris du 4 novembre au 26 Novembre, Aïda Muluneh représente l’Ethiopie. Elle a accepté gentiment de répondre à nos questions.

Comment préparez-vous vos séances photos ?
Le travail en studio est depuis quelques années un processus intéressant pour moi. Je commence souvent par un croquis puis je construis la scène que j’aimerais créer. Le reste, consiste à réunir une équipe autour de l’image que je veux matérialiser. Des fois certaines séances photos me font penser à la production d’un film avec l’apport de plusieurs éléments qui entrent dans le processus et rend ma vision réelle. Mais pour moi, la principale préparation est l’inspiration que j’ai quand je crée le cliché dans mon travail de photo-journalisme. L’inspiration c’est en fait les rues où je me promène par opposition à quelque chose de confiné dans un espace.

En tant que photographe, qu’est-il primordial pour vous de transmettre dans vos travaux ?
Ca dépend du type de photo sur lequel je travaille. Par exemple, si je travaille sur un projet de photo-journalisme, mon but est de présenter, ma communauté, et celles dont je me suis documentée avec dignité, dans un point de vue équilibré. En revanche, mon travail en studio consiste à exprimer ce que je ressens à travers les images que je construis.

Pouvez-vous citer des exemples de photographes africains que vous admirez ou qui vous inspirent ?
Il y a beaucoup de photographes que j’admire et qui viennent du continent et au-delà des frontières. Toutefois, Shimelis Desta (Ethiopie) and Malick Sidibé (Mali) sont mes héros.

Parmi tous vos travaux, quel est votre favori ?
C’est dur de désigner un favori. C’est comme si vous demandez à une mère de choisir un favori parmi ses enfants.

Avez-vous un sujet particulier sur lequel vous travaillez en ce moment ?
D’un point de vue artistique, je travaille sur plusieurs sujets pour différentes expositions qui auront lieu l’année prochaine et ma compagnie, Desta For Africa PLC, prépare en ce moment  la 4ème édition d’Addis Foto Fest (un festival photo bi-annuel qui a lieu à Addis Abeba).

La photo ci-dessus est notre coup de coeur. Pouvez-vous nous éclairer sur le message que vous avez voulu transmettre ?

Titre: « Darkness give way to light » (Chelema le berhane botawen seelek)
Medium: Photography and body painting

Note conceptuelle :
Ma famille vient des régions rurales du Welo, un lieu où il n’y a pas de routes mais un chemin interminable dans les montagnes des hauts plateaux. Ma grand-mère a vu le jour au milieu d’une
vallée. C’est un de ces lieux où, lors de ma première visite, je constatais que sans route il se passera beaucoup de temps avant que l’électricité arrive là-bas. Il y a quelques années, mon grand-père par alliance est décédé à l’âge de 105 ans et mes cousins ont demandé à emprunter une petite lampe solaire créée par les artistes d’Olafur Eliasson. Dans notre tradition quand une personne meurt, les funérailles durent souvent 40 jours et réunit la famille des différentes régions pour célébrer la vie du défunt. Quand mon cousin revint des funérailles, il raconta qu’une centaine de membres de la famille s’était abritée sous une tente et les femmes ont pu cuisiner la nuit grâce à une petite source de lumière qui venait du gadget « petit soleil ». Le besoin en électricité dans les régions n’a pas seulement un impact sur notre vie quotidienne. Il influe sur notre capacité à aller de l’avant, c’est une composante intégrale dont a besoin. Ceci étant dit, le texte en amharique que vous apercevez sur le livre que la femme tient est une inspiration d’un long poème qui autrefois était utilisé en troisième année d’école élémentaire amharique et dit que l’éducation est l’outil qui nous permet de sortir de l’ombre. Le titre du poème est « Ye brehan fiker » (signifie plus ou moins l’amour pour la lumière ou illumination) de Debebe Seifu. Avec ça en tête, je pense que ce n’est pas seulement une illumination mentale mais le besoin de lumière pour pousser notre génération future vers un avenir prometteur. Pour terminer, j’avais un ami indien qui un jour me raconta l’histoire de son père qui venait d’un milieu rural similaire à ma famille dans lequel il n’y avait qu’un lampadaire dans la ville et que son père s’asseyait sous le lampadaire pour étudier parce qu’il n’avait pas l’électricité à la maison. La propre détermination de son père par rapport au challenge auquel il a fait face a montré sa volonté de changer le cours de sa vie à travers l’éducation. Donc du fait que l’Ethiopie une une société à dominance agraire, cela signifie que le besoin en électricité est intimement lié à notre croissance et développement.

Aïda Muluneh is an artist and cultural entrepreneur based in Addis Ababa. She left Ethiopia when she was 5 and lived in Europe, Yemen and Canada. She discovered photography in high school, in Calgary, and became aware of the power of image and how people could associate an image to a country. After she saw many photos about famine and suffering in Ethiopia she decided to document on her country so that to have people seen it from another angle. She published « Past forward » in 2009, a collection of images in which she set out her personal vision on Ethiopian life and culture. She has received an award from the International Photography Awards. Today most of her works emphasize African women included those of the diaspora and are subject to international showcasings in the United States, Cuba, Germany, Mali…Recently selected for Lumières d’Afriques exhibition that is currently taking place in Paris from 4th November to 26th November, Aïda Muluneh represents Ethiopia. She has kindly accepted to answer our questions.

How do you prepare your shootings ?
The studio work has been an interesting process for me in the past few years. I often start with a sketch and start building the scene that I would like to create, the rest is building the team around the image that I want to bring to realization. Sometimes for a shoot it reminds me of a film production with many components going into it to make the vision come alive. But the main preparation for me is the inspiration to create the one piece, while in my photojournalism work, the inspiration is the streets that I walk on as opposed to something confined in a space.

As a photographer, what is essential to convey through your works ?
It depends on the type of photography that I am doing, if its is photojournalism my main focus is to present my community and also those that I am documenting with dignity and through a balanced perspective. While my studio work is focused on expressing on what is within me through the images that I construct.

Can you give us some examples of  African photographers that you admire or take inspiration from ?
There are many photographers that I admire that are from our continent and also beyond our boarders but for here Shimelis Desta (Ethiopia) and Malick Sidibé (Mali) are my hero’s.

Among your work, which one is your favourite ?  Why ?
Its hard to say which is my favorite work, its like asking a mother which one of her children are her favorite.

Are you currently working on a particular project ?
Artistically I am working on a large body of work for various exhibitions next year, while through my company Desta For Africa PLC we are preparing for the fourth edition of the Addis Foto Fest (a photography biannual taking place in Addis Ababa).

Your above picture is our crush. Can you highlight us about it ?

Title: « Darkness give way to light » (Chelema le berhane botawen seelek)
Medium: Photography and body painting

Concept note:
My family comes from the rural regions of Welo, a place that has no roads but a long walk through the mountains of the highlands. The birth place of my grandmother is in the middle of a valley and through my first visit it is one of those places that unless a road is built the chances of electricity reaching would take time. A few years ago, my step grandfather passed away at the age of 105 and my cousins asked to borrow a small solar light that was designed by the artists Olafur Eliasson. In our tradition when someone dies the funeral is often a 40 day event which brings in family from across the various regions to celebrate the life of the person who has passed. When my cousin returned, he said that the family of over 100 people were huddled under a tent and the women were able to cook through the night just from the small light source that came from the « little sun » gadget. The need for electricity in all regions not only has an impact for our daily life but in order for us to move forward its an integral component that is needed. With this said, the Amharic text that you see on the book that the woman is holding is an inspiration drawn from a long poem that is used to be used for 3rd grade Amharic curriculum in which it talks about education is the tool that brings us out of darkness. The title of the poem is « Ye brehan fiker » (loosely translates the love for light or enlightenment) by Debebe Seifu. With this in mind, I believe that its not only mental enlightenment but the need for light to also move our future generation towards a  brighter future. On last note, I had a friend from India who once told me the story of his father who came from a rural region similar to my families in which their was only one light pole in the town and his father would sit under the light studying since their was no electricity in his home. His fathers self determination regardless of the challenges that he faced showed his passion to change his path through education. Hence, with Ethiopia being predominantly an agrarian society which means that the need for electricity is closely tied to our growth and development.

Masques, le documentaire d’Apsita Berthelot-Cissé

Photo Copyright ©Terre Rouge

Masques, le film réalisé par Apsita Berthelot-Cissé sera projeté en avant-première parisienne le 3 novembre prochain au Lincoln. Le documentaire nous invite à une immersion totale au coeur du Carnaval guyannais et nous fait vivre de l’intérieur les codes, les coutumes.

Cet évènement réputé être l’un des plus longs au monde accueille des personnes de tous horizons qui vont échanger, plaisanter, et se laisser tenter par des jeux de séduction sous couvert de l’anonymat. Le masque, élément central de la manifestation permet à chacun de transgresser les interdits et de vivre, le temps d’une fête, une expérience inouïe. C’est ce masque qu’Apsita tentera de faire tomber en suivant le quotidien de personnages au sein du carnaval.

La projection sera suivie d’un débat avec la réalisatrice.

Bande-annonce / Trailer :

« Masques, the film directed by Apsita Berthelot-Cissé will be premiered at the Lincoln cinema next 3rd November in Paris. The documentary invites us to a total immersion at the heart of the Guyana Carnival and lets us experience codes and costums from the inside.

This event, considered as one of the longest one in the world welcomes people from different backgrounds who are going to exchange, joke and succumb to the temptation of game seductions on condition of anonymity. The mask which is a central element of the show allows each person to transgress taboos and have an unprecedented experience during the celebration. That mask is the one Apsita will attempt to have it dropped while following the everyday life of some characters within the Carnival

Projection followed by a debate with the Director.

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Cléone, clap sur Isabelle Ménal, l’auteure de la pièce

Après huit mois de travail intensif, la troupe de Cléone peut se féliciter des quatre représentations qui ont eu lieu du 21 au 25 octobre 2015 au Théatre du Ménilmontant à Paris. La pièce qui s’est jouée, chaque soir, à guichet fermé, a remporté un vif succès auprès du public.

Si les décors minimalistes et les costumes représentatifs de l’Amérique des années 90 ont séduit les spectateurs, les dialogues intelligents et finement écrits ont fini par plonger le public dans une extase exaltante. Nul besoin de vous dire que l’assistance n’est pas prête d’oublier de sitôt cette battle de rap hilarante, entre Jérémy (Nicolas Mouen) et Madame Clay (Véronique Gaudin) ni le sens de la répartie de Cléone Jones (Joby Smith) et Jessica (Clémentine Justine) face à un Akil (Steeve Burdey) volatile et un Jérémy fougueux. Elle n’oubliera pas non plus, la talentueuse chorale de Cléone (Collectif Sankofa Unit) qui a enflammé la scène par son dynamisme et ses performances vocales.

La pièce, orchestrée par le metteur en scène, Alain Akoa, a été longuement applaudi à sa clôture et la troupe n’a pas hésité à aller à la rencontre du public pour échanger quelques anecdotes. Afrique sur scène en a profité pour recueillir les propos d’Isabelle Ménal, la femme derrière Cléone.

Fred Maréchal
Isabelle Ménal copyright © Fred Maréchal

Pouvez-vous vous présenter… Quel est votre parcours ?

Je suis comédienne et auteure, née à Paris et originaire de la Guadeloupe. Je suis venue à la comédie tard, même si cette passion me tiraillait depuis des années. Lorsque j’ai réalisé que là était ma vocation, j’ai suivi des cours, afin d’avoir une base technique,  et une méthode de travail. L’écriture est pour moi une étape logique du processus de création. Ça fait partie de la panoplie d’un artiste. A un moment donné, tu ne peux plus seulement interpréter les choses, et dépendre du regard de l’autre. Le besoin de créer se fait ressentir, de dire des choses, de faire passer ses propres messages et non plus uniquement ceux des autres.

Comment vous est venue l’idée de créer Cléone ?

C’est le fruit de plusieurs rencontres. Alain Akoa, le metteur en scène de cette pièce, m’a contacté. Il avait travaillé avec la chorale Sankofa Unit et désirait proposer à sa chef de Chœur, Joby Smith un projet pour elle et sa chorale. Quand j’ai rencontré Joby Smith, je me suis tout de suite attachée à sa personnalité et à son histoire. A elle seule, elle cristallisait tous les combats d’une vie de femme, d’une vie d’artiste, d’une entrepreneuse passionnée. Je me suis inspirée de ce qu’elle dégageait, et l’ai choisi comme personnage central pour créer une histoire universelle.

Pourquoi avoir choisi comme thème l’univers de la soul des années 90 ?

Déjà parce que Joby Smith et moi avons le même amour pour cette musique. C’est déjà un sujet qu’elle maitrise, et n’étant pas comédienne, il fallait qu’elle soit à l’aise, en terrain connu, pour aborder ce défi. Les années 90 sont un créneau qui n’a pas ou peu été exploité par les productions contemporaines. Par exemple, comme on surfe beaucoup sur la nostalgie des années 80  peu de gens sont conscients qu’il y a un public pour ces choses. La « Soul Music» est une Muse. C’est un petit mot qui contient à lui seul une pléiade de sensations : la passion, la spiritualité, l’amour, la haine, la trahison, la souffrance, l’humour l’émotion, le renoncement, le travail, la cohésion… il y a matière à raconter, et à ressentir. Les possibilités sont infinies.

La mise en place du projet-a-t-elle été une démarche facile pour vous ?

Absolument pas. Mais elle a été facilité par le concours de gens très bienveillants. Notamment le Théâtre du Ménilmontant , qui nous a particulièrement bénis en nous prêtant gracieusement les salles de répétitions, quelques-uns des éléments de décors, et a assuré un arrangement en co-production. Sans compter le concours de nos artisans et graphistes, très talentueux, Jean-Louis Rolland, David Fréchou et Nicolas Plantier qui ont accepté de baisser leurs tarifs pour nous. Alain Akoa et moi-même étions seuls, avec nos petits moyens. Nous avons pu présenter la pièce sous le nom de sa compagnie, « Candies », mais nous n’avons bénéficié d’aucune aide extérieure, aucune aide financière, ni demandé aucunes subventions.

Après quatre représentations, quel bilan faîtes-vous de la pièce ?

Un bilan extrêmement positif :

Nous voulions savoir si Cléone pouvait être un spectacle capable de tenir l’affiche pendant des mois et nous sommes vraiment très heureux, tant à la production qu’au niveau des comédiens. Les retours ont été au-delà de nos expectations, les gens ont été séduits. Certaines personnes sont revenues deux fois. Nous avons réussi à faire voyager les spectateurs non seulement à travers les souvenirs d’une époque, mais plus important encore, c’était un voyage de l’émotion, de l’affect. Certaines personnes sont venues me voir en pleurant de joie, et d’autres riant aux éclats…. Mais le sentiment final était le même : chaque personne est ressortie de la salle avec un regain d’énergie positive. Et puis, surtout, notre but était que le spectacle s’adresse à des gens de TOUT âge, et de TOUS horizons. Pari tenu.

Actuellement nous sommes en plein démarchage, pour un nouveau lieu, et nous sommes en contact avec des personnes qui souhaiteraient nous produire. Nous souhaitons aujourd’hui prendre le temps de préparer un retour avec plus de moyens.

Avez-vous un projet particulier sur lequel vous travaillez en ce moment ou envisagez de travailler dans un futur proche ?

En tant que comédienne je suis effectivement impliquée dans quelques projets. Je reviens de Côte d’Ivoire par exemple, ou j’ai commencé le tournage d’une série dramatique extrêmement bien ficelée. Je suis également co-auteur et actrice dans une mini-série trans-média, WIIP (West Indian Internet Protocol) qui devrait voir le jour dès le début d’année. C’est un projet que nous portons avec le réalisateur et producteur Ody Steven Luchel et O’VISION productions. Et puis, au niveau de l’écriture, j’ai des scénariis en cours, que je compte bien produire, avec la compagnie que je viens de créer, ROUGH FAITH.

After eight months of intense work, Cleone’s theatre group can be proud of its four shows hosted at Ménilmontant Theatre in Paris from 21st to 25th October 2015. The play, which was sold out each evening, has been a great success with the public.

if the minimalist sets and costumes inspired from 90s America seduced the audience, the dialogues, smart and perceptively written, led the the spectators into a dramatic ecstasy. There is no need to say that the audience will never forget that hilarious battle rap song between Jérémy (Nicolas Mouen) and Madam Clay (Véronique Gaudin) neither Cleone (Joby Smith) and Jessica (Clementine Justine)’s eloquence when facing the volatile Akil (Steeve Burdey) and the impetuous Jérémy. The public will keep also in mind Cleone’s talented choir (Sankofa Unit) rocking the scene with its dynamism and vocal performances.

The play staged by the Director, Alain Akoa, was warmly applauded on the final day and the theatre group came up and meet the audience to exchange crunchy stories. Afrique sur scène has profited on that opportunity to collect information about Isabelle Ménal, the woman behind Cléone.

Please tell us about you…What is your background ?

I am an actress and writer, born in Paris but originated from Guadeloupe. My acting career only came later on in life although I was torn by passion for many years. As soon as I realised that thing was my vocation I attended classes so that to get a technical basis and a working method. Writing is for me a logical step of my creation process. It is part of the artist’s panoply. At one point, you cannot longer interpret things and depend on the eyes of the other. The need for creation is required, telling things and conveying your own messages and not those of the others.

How does the idea of writing Cléone come out to you ?

It is the result of several encounters. I was first contacted by Alain Akoa the stage Director. After he worked with  Sankofa Unit,  he wanted to create a project for the choir and the chorusmaster, Joby Smith. When I met Joby Smith, I focused on her personality and her story. She concentrated in her whole person all the struggles of a woman’life, an artist’s life,  and of a passionate entrepreneur. I was inspired by her energy and chose her as a central character to create a universal story.

Why did you choose the 90s soul music as a theme for your play ?

Because Joby and I share the same love for this music. As a singer this is something she handles well. Actually, she is not an actress and she needed to be at her ease to take up the challenge. Moreover, the nineties are a slot that is litlle or not exploited at all by the contemporary productions. For example, as we are surfing a lot on 80s’ nostalgy, few people are aware that there is a public for those things.

Finally, « Soul music » is a Muse. These little words gather many sensations : passion, spirituality, love, hatred, betrayal, pain, humour, emotion, renunciation, work, cohésion… There is certainly lot to report. Possibilities are endless.

Was the implementation of the project  easy for you ?

Absolutely not. But we were lucky to meet caring persons all along our approach. Menilmontant theatre, among others, blessed us when they kindly lent us rehearsal rooms, some elements of the set for free or made us musical arrangements in co-production. This was also possible thanks to the precious help of our talented artwokers and graphic designers, Jean-Louis Rolland, David Fréchou and Nicolas Plantier who accepted to work under their usual rates. Alain Akoa and I were alone despite our limited financial means. We  introduced the play under the name of « candies » which is Alain Akoa’s company. We did not benefit from any external assistance neither received any financial help or asked for any subvention.

After your four shows, what conclusions do you draw from the play ?

Highly positive results :

We wanted to find out if « Cleone » could be a show that is able to keep on stage for several months. The production as well as the actors are very happy to come to the same conclusion that it is possible. The feeback we had has gone far beyond our expectations. People were seduced. Some of them came back twice. We have succeeded in having people travelled through past memories but most importantly that was an emotional trip. Some persons came to me crying with happiness when others roared with laughter…However, the final feeling was the same as each one got out of the the theatre with an extra positive energy. And overall, our show aimed at gathering people of ALL ages and backgrounds. This is exactly how things have turned out.

What are you working on now and what are you planning to work on in the future ?

As an actress I am obviously involved in some projects. For example, I have just come back from the Ivory Coast where I started to work on the set of a drama serie whose storyline is tightly plotted. I am also working as a co-writer and actress for a trans-media mini-serie, WIIP (West Indian Internet Protocol), that should be released beginning of 2016. It is a project carried out by the Director and producer Ody Steven Luchel, O’VISION productions and I. Finally I am currently writing scripts and I plan to produce them, through ROUGH FAITH, a company that I have just created.

 

Dakar ta nostalgie, un film de Florence Arrigoni

Dakar, ta nostalgie, réalisé par Florence Arrigoni sera diffusé en avant-première sénégalaise, le 3 novembre 2015 à l’Institut Français de Dakar. Le documentaire, dont la sortie en salle est prévue en France le 6 janvier 2016, nous plonge dans les rues grouillantes de Dakar et nous amène à prendre conscience de la fragilité de la vie en Afrique.

« Quand je parle du sujet de mon film, beaucoup pensent que tous ces Africains dont je parle meurent du sida, alors que la première cause de mortalité est le paludisme ! En Afrique, près de 1200 enfants en meurent chaque jour ». Ce constat, aussi navrant soit-il reflète la triste réalité des pays africains. Une réalité à laquelle a été confronté la réalisatrice au cours de ses différents voyages professionnels dans la capitale depuis 1995. « Plongée ainsi dans la vie quotidienne sénégalaise, j’ai réellement pris conscience de ce que signifiait tomber malade pour la majorité des Sénégalais, sans travail, sans argent. C’est au fil du temps, en voyant mes amis décéder les uns après les autres, qu’est née mon envie de réaliser ce film ».

Ce documentaire qui est la première réalisation de la productrice (F. Arrogini a produit une quarantaine de documentaires) est un hommage à tous les sénégalais disparus faute de soins mais aussi à ceux qui continuent de se battre pour vivre.

Dakar, ta nostalgie, racontée par Florence Arrigoni  avec Clémentine Célarié en voix off / Dakar ta nostalgie, related by Florence Arrigoni with Clémentine Célarié as a voice-over.

Institut Français
86 rue Joseph Gomis – Dakar – Sénégal

3 novembre 2015 at 6:30 pm

Espace Saint-Michel
7 Place Saint-Michel – 75005 Paris – France

Sortie du film le 6 janvier 2016

« Dakar, ta nostalgie » directed by Florence Arrigoni will be premiered at the French Institute in Dakar, on 3rd November 2015. The film documentary whose release in France is scheduled on 6th January 2016, leads us into the crowded streets of Dakar and raises awareness on how fragile life can be in Africa.

« When I touch on the topic of my movie, many people think that all those Africans I am talking about are dying of AIDS while the primary cause of death is malaria ! In Africa, some 1200 children die of it every day ». This observation, as distressing it is, reflets the sad reality of African countries. A reality the Director has to deal with all along her different business trips to the capital since 1995. « Immersing myself in the Senegalese daily life, I have become aware of what it means to get sick for the majority of Senegalese people with no job and no money. Over time, I have seen my friends dying one after another. That is where my desire of directed this film was born ».

This documentary which is the producer’s first movie as a Director (F. Arrogini has already produced about 40 documentaries) is an homage to all the Senegalese people who died for lack of medical care but also to those who keep on fighiting for their life.

Institut Français
86 rue Joseph Gomis – Dakar – Sénégal

3rd November 2015

Espace Saint-Michel
7 Place Saint-Michel – 75005 Paris – France

Film’s release 6th January 2016

FNCD, Festival des Nouveaux Cinémas Documentaires – 5ème édition

Le Festival des Nouveaux Cinémas Documentaires (FNCD), organisé par Belleville en vues, ouvre ses portes ce Mardi 10 Novembre 2015. Placé sous le thème AFROTOPIA, cette 5ème édition mettra l’accent sur le cinéma africain et se déroulera du 10 au 26 novembre 2015 entre Paris, Porto Novo (Bénin) et Lomé (Togo).

Au programme des films riches et variés dont certains sont inédits :

  • Afrique sur Seine – Paulin Soumanou Vieyra – Sénégal / 1955 / 21’ – Premier film africain réalisé par des africains – A ne pas manquer
  • Sembène ! – Jason Silverman et Samba Dadjigo – Etats-Unis / 2015 / 82’ – Inédit  – Histoire du cinéaste et écrivain sénégalais Sembène Ousmane.

La projection sera suivie d’un débat animé par Mélissa Thackway (professeur à l’Inalco et Sciences Po), spécialiste des cinémas d’Afrique.

Mardi 10 Novembre 2015 à 19h – INALCO – Auditorium –  65 rue des Grands Moulins – 75013 Paris.

  • Finding Fela – Alex Gibney  – Etats-Unis / 2014 / 120’ – Inédit Histoire de la vie de Fela Anikulapo Kuti, sa musique, son engagement social et politique. 

Dimanche 15 Novembre 2015 à 19h – Cinéma la Clef –  34 rue Daubenton – 75005 Paris.

Vous trouverez l’intégralité de la programmation en cliquant sur ce lien : Programme

AFROTOPIA teaser :

The Festival of New Documentaries (FNCD), organised by Belleville en vues is opening its door this Tuesady 10th November 2015. Focused on the AFROTOPIA theme, this 5th edition that will take place between Paris, Porto Novo (Benin) and Lome (Togo) will emphasize the African cinema.

Rich content and various movies will be screened, some of which are unseen :

  • Afrique sur Seine – Paulin Soumanou Vieyra – Senegal / 1955 / 21’ – First African movie directed by Africans – Not to be missed
  • Sembène ! – Jason Silverman et Samba Dadjigo – Etats-Unis / 2015 / 82’ – Unseen – Story of the Senegalese filmmaker and writer, Sembene Ousmane.

Projection will be followed by a debate moderated by Mélissa Thackway (INALCO and Political Science teacher), specialist of the African movies.

Tuesday 10th November 2015 à 7:00 pm – INALCO – Auditorium –  65 rue des Grands Moulins – 75013 Paris.

  • Finding Fela – Alex Gibney  – Etats-Unis / 2014 / 120’ – Unseen – Life story of Fela Anikulapo Kuti, his music, his social and political commitment.

Sunday 15th November 2015 à 7:00 pm – Cinéma la Clef –  34 rue Daubenton – 75005 Paris.

Full programming  here  : Programme

Cléone, Clap sur Avid l’artiste de l’ombre

Endless dance Copyright © Avid

David Fréchou est  l’auteur de l’affiche, Cléone , la pièce de théatre d’Isabelle Ménal dont la première s’est jouée, hier, au Théatre du Ménilmontant, à Paris. L’artiste antillais de 31 ans, est connu sur la scène graphique française sous le pseudonyme, Avid. Sa passion pour son métier de graphiste remonte à sa plus tendre enfance avec les films d’animation comme Dragon Ball  Z (diffusé sur France 2 à travers le programme télé, le Club Dorothée) dont il s’inspire pour créer des dessins qu’il associe à l’univers des comic. Fan de Spiderman, X-men, Spawn et autres mangas, il perfectionne son style en suivant des études d’arts plastiques, tantôt aux Antilles et tantôt en France, puis s’offre par la suite une formation de webdesigner. En participant aux battles graphiques (confrontation de graphistes via ordinateur), Avid remporte des prix dont celui du concours international Ten by Fotolia et gagne en notoriété. Son travail a fait l’objet d’une publication dans le magazine France Advanced Creation et a suscité l’intérêt du Salon de la photo et des sites dédiés à la culture graphique. Afrique sur scène a voulu en savoir plus sur cet artiste de l’ombre et c’est en toute simplicité qu’Avid a accepté de répondre à nos questions.

Vous êtes à l’origine de l’affiche de la pièce de théatre. Qu’est-ce qui vous a poussé à travailler avec l’équipe de Cléone ?

Concrètement, c’est l’invitation et la confiance faites par Mathieu Party (Responsable communication de la pièce) qui ont d’abord primé, puis la rencontre avec Isabelle, l’auteure de la pièce, et un des comédien Nicolas Mouen. Isabelle m’a parlé de la pièce avec coeur et beaucoup d’envie,  et comme tout bon créatif, les idées ont fusé.

Pouvez-vous nous expliquer brièvement le travail qui vous a été confié ?

Donner vie à Cléone. Dans un premier temps, j’ai été à l’écoute puis j’ai du synthétiser toutes les envies et informations pour retranscrire visuellement ce qu’était Cléone. Au delà du côté visuel, une mécanique s’est installée. Comment en parler ? Comment faire vivre le personnage ?  Et surtout comment présenter cette pièce sans trop en dire pour laisser la surprise et inciter les gens à venir la voir.

Comment avez-vous préparé vos travaux de recherche artistique ?

Pour les recherches, il y a eu d’abord des mots à définir autour d’un bon repas et un très bon gâteau (merci Isabelle) partagé avec l’équipe de Cleone. Cela a permis ensuite d’avoir une ligne directrice sur le rendu et ce que l’on voulait exprimer autour de ce rendu final. Je dis « final » car nous avons fait plusieurs affiches qui exprimaient toutes à leur manière le personnage de Cléone.

Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans votre travail ?

Ce que j’aime dans mon métier, c’est le renouveau. Se challenger à chaque fois, s’adapter et trouver de nouvelles idées. Nous sommes nombreux dans le métier et si sortir du lot est difficile, il est encore plus difficile de garder l’étiquette du bon graphiste. L’arrivée de nouveaux venus dans le milieu est lourd à porter, du coup je me considère comme étant un éternel novice désireux, avide d’apprendre. Ce qui me stimule aussi c’est le contact, l’échange, la communication.

Parmi toutes vos oeuvres quelle est celle qui vous touche le plus ? Pourquoi ?

Je pense que les séries sur les concours Ten by Folia sont en fait mes préférées dans le sens où pendant un mois et sur chacun des dix thème je me suis toujours donné à fond pour avoir une idée propre et un rendu de qualité maximale.
Ce moment où je crée, où je perds la notion du temps est juste quelque chose de merveilleux surtout quand le rendu final me dépasse.

Quels sont les graphistes que vous admirez ou qui vous inspirent ? Pourquoi ?

Mes graphistes préférés? Wow !  Il y en a beaucoup. Sur la France Babou Don Mena, Brice Chapelet, Céline Lippmann, Ibrahim Amiot, Estelle Chomienne, Jean Raphaël Belajew… et bien d’autres encore. Je dirais que toutes ces personnes représentent mes inspirations passées car ce sont elles qui m’ont motivées à me lancer dans le graphisme. Elles représentent, encore, mes inspirations du moment car elles sont toujours d’actualités et font toujours partie de l’élite. Elles continueront à être une source d’inspiration future car leur style va perdurer.

Avez-vous un projet particulier sur lequel vous travaillez ou envisagez de travailler ?

J’ai plusieurs début de projets de collections que je fais mûrir pour avoir, un jour, l’opportunité d’exposer.

L’oeuvre ci-dessous est notre coup de coeur. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

Darkness and Light, a été créé pour un concours international et a été l’oeuvre gagnante. Ce qui me plait dans ce visuel, c’est le coté dansé de cette dualité. On peut parler de jeux d’ombre et de lumière. Tout se passe sur une plate forme qui serait notre terre ou plutôt comme une boite à musique. Avec des symboles très nobles que sont le paon et le cygne, ou encore les roses, j’ai voulu rester léger mais en mouvement grâce aux différents plans que la créa suggère. Nous ne sommes pas sur une totale obscurité, nous sommes dans le domaine du rêve par l’aspect bleuté de la composition.

Vous pouvez découvrir le travail d’Avid sur sa page Facebook

Darkness and light copyright © Avid
Darkness and light copyright © Avid

David Fréchou is the artist who has designed the poster of Cléone, the theatre play written by Isabelle Ménal and whose première took place yesterday at Ménilmontant Theater in Paris. The 31-year-old West Indian man, is known on the French graphic design scene under the pseudonym Avid. His passion as a graphic designer dates back to his early childhood with animated movies such as Dragon Ball Z (broadcasted on the French Channel  through a famous TV programme for children : le Club Dorothée) from which he takes inspiration to create drawings with additional elements borrowed from the comic world. As a fan of Spiderman, X-men, Spawn and other mangas, he develops his skills studying plastics arts, both in the West Indies and France, and then he undertakes webdesign. Avid has participated to many graphic battles (confrontation of graphic designers via internet) including the international competition, Ten by folia, for which he has been awarded and gained recognition. His work has been published on the French Advanced Creation Magazine and has drawn the attention of the Paris Photo Show and websites dedicated to graphic culture. Afrique sur scène has wanted to know more about this artist who is working in the shadow and it is with all simplicity that Avid has accepted to answers our questions.

You have designed the poster of the theatre play. What motivates or inspires you to work with « Cléone »‘s team ?

In concrete terms, it is the invitation and the confidence Mathieu Party (Cleone’s communication Manager) shown in me that prevailed above all. After I was introduced to Isabelle Ménal together with one of the actors, Nicolas Mouen, we had a discussion altogether. Isabelle talked about the play from her heart and much desire and as a good creative person, many ideas have issued forth.

Would you explain us the work that has been asked you to produce ?

Giving birth to Cleone. As a first step, I have to understand the concerns and tastes, synthetize the whole before materializing visually Cléone’s character. Apart from the visual aspect, unexpected thoughts hit me. How are we going to speak about this? How are we going to bring the character to life ? And overall, how are we going to introduce the play without saying too much so that to maintain the suspense and make people come to see it ?

How did you handle your work of artistic research ?

Words were defined around a good meal and a good cake (thanks Isabelle) shared with Cléone’s team. That allowed us to draw a guideline on the final render and to show the things we wished to convey around that final render. I say « final » because we created several posters that all described Cleone’s character in a certain way.

 What do you  find particularly exciting about your job ?

What I find exciting about my work is the renewal. Challenging, adapting oneself to new situations, finding new ideas each time. There are many graphic designers on the market and if standing out fom the mass is difficult, it is even harder to maintain a good level. The arrival of newcomers into the market is not that easy to handle so I consider myself as an eternal novice wishing to learn. What stimulates me is getting in touch, exchanging and communicating.

Among your work, which one is your favourite ? Why ?

I think the series I made for Ten by Fotolia competitions are my favourite ones. Actually, I worked hard for one month, trying to get my own ideas and focusing on a high quality render for each of the ten themes. That moment when I design and lose all sense of time is something wonderful, over all, when the final render goes far beyond my expectations.

Which graphic designers do you admire or take inspiration from ? why ?

My favourite graphic designers ? Wow ! There are so many…Just in France, Babou Don Mena, Brice Chapelet, Céline Lippmann, Ibrahim Amiot, Estelle Chomienne, Jean Raphaël Belajew…and many others. All that persons represent my past inspirations. They are those who motivated me to enter the business. They are still representing my current inspirations as they are the best on the market and they will always be my source of future inspirations as their style is perpetuating.

Are you currently working on a particular project ?

I have started several collection projects that I am currently working on and I wish I would have the opportunity to have them featured one day.

Your below picture is our crush. Can you highlight us about it ?

« Darkness and Light » was created for an international competition and was the winning artwork. What is interesting in this visual is the dancing aspect of this duality. We can talk about a play of lights and shadows. The scene takes place in a platform that could be the earth or a music box. With noble symbols such as the peacock, the swam or the roses, I wanted to be as light as I can focusing on the movement thanks to the different plans the creation can suggest. The image is not a total darkness as the blue aspect of the composition refers to a dream world.

You can discover Avid‘s artwork on his Facebook page

« Adama », le film d’animation de Simon Rouby

Adama , le film d’animation, réalisé par Simon Rouby, sort en salle mercredi 21 octobre 2015. Soutenu par le Festival d’Annecy, le long-métrage, au budget réduit, bouscule les grosses productions pour se tailler une place au soleil.

Le film relate l’histoire touchante d’un petit africain de 12 ans qui part à la recherche de son frère envoyé en France pendant la Première Guerre mondiale.

Inspiré de l’expérience douloureuse du tirailleur sénégalais Abdoulaye N’diaye, décédé un 11 novembre à l’âge de 104 ans, ce film est avant tout un conte qui se transforme petit à petit en récit historique. Son succès repose sur la volonté du jeune réalisateur de 36 ans qui fait le choix de « se concentrer uniquement sur l’information à donner au spectateur ».

Plusieurs acteurs dont Azize Diabate (La cité Rose), Pascal Nzonzi (Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ?), prêtent leurs voix aux personnages avec, comme invité surprise, le rappeur Oxmo Puccino.

« Adama », the animated film, directed by Simon Rouby, will be released in theater this 21st October 2015. Supported by the Annecy Festival, the limited budget full-lenghth movie, is challenging the major production companies so that to make a place in the sun.

The movie relates the touching story of a 12-year-old African who tracks down his brother shipped to France during the First World War.

Inspired by the painful experience of the Senegalese « tirailleur », Abdoulaye N’diaye who died on a 11th November at the age of 104, this movie is, above all, a tale that is turning into an historical narrative. Its success is based on the willing of the young 36-year-old director who has chosen « to focus only on the information given to the audience ».

Several actors including Azize Diabate (La cité Rose), Pascal Nzonzi (Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ?), are the voices of the characters together with an unexpected guest, the rapper Oxmo Puccino.