Aïssatou Touré : l’artiste sénégalaise aux multiples talents

Photo Copyright  Haby Diallo – Festival XEEX – Fresque réalisée par Haby Diallo et Aïssatou Touré

A l’occasion de la Journée de la Femme, je voulais dresser le portrait d’une femme africaine célèbre au parcours remarquable. Une personne qui aurait profondément marqué son temps par ses prises de positions  et dont le courage et la détermination force l’admiration et le respect. J’avais pensé à la première réalisatrice africaine : la sénégalaise Safi Faye…Entre-temps, j’ai découvert, Aïssatou Touré, une jeune graphiste et entrepreneuse, originaire, elle aussi, du Sénégal. Son parcours n’est pas sans rappeler celui de Safi Faye dans la mesure où elle exerce un métier où très peu de femmes sénégalaises s’y illustrent. Elle n’est pas célèbre, je vous l’accorde, mais je suis persuadée que cette jeune femme de 30 ans va, elle aussi, marquer son temps à sa manière et servir de modèle pour les générations à venir. Entretien avec Aïssatou Touré, l’artiste aux multiples talents.

Quel est votre parcours ? Qu’est-ce qui vous a amené à vous orienter dans les arts graphiques ?

Après avoir étudié  l’anglais à l’Université Cheikh Anta Diop pendant un an et demi, un traitement médical m’a contrainte, progressivement, à arrêter mes études. Durant ma convalescence, pour me changer les idées, ma famille m’a encouragé à m’inscrire à une formation en infographie/webdesign. J’avais acquis quelques notions  par ma grande-sœur, qui était webdesigner à cette époque là. Le fait de sortir major de ma promotion  m’a incité, l’année suivante à poursuivre mes études en arts numériques à l’Ecole des Arts Visuels de Dakar. Cela  m’a permis d’acquérir davantage de connaissances et de perfectionnement, notamment en matière de Design, en graphisme et en peinture, grâce à  des professeurs compétents.  Un an après, en 2011, j’ai ouvert mon studio graphique et d’infographie que j’ai appelé Graffiks To’. En 2014, j’ai lancé ma petite marque de vêtements, « GTo’-Urban Wear by Aïssatou T.« . En plus de mes créations textiles je propose également des objets décoration ou d’ameublement peints à la main.

Vous êtes portraitiste, artiste plasticienne, designer en textile, entrepreneuse …Comment vous définissez-vous ?

Souvent, lorsqu’on me demande de me présenter, j’avoue que j’ai un peu de mal.
En effet, à chaque fois que l’on me demande de préciser et de détailler mes activités, je
commence par dire que je suis gérante d’entreprise, designer graphiste, artiste plasticienne, portraitiste, …Je suis le genre d’artiste à ne pas trop vouloir m’exposer…cependant, lorsque le public apprécie mes œuvres et me le fait savoir, cela me va droit au cœur et ça, ça vaut tout l’or du monde. Raison pour laquelle je préfère me définir comme étant une artiste polyvalente, c’est plus simple !

Qu’est-ce qui vous passionne dans votre métier ?

Ce qui me passionne avant tout c’est la recherche d’idées, la source d’inspiration. Car l’art, avant tout, ce n’est pas de s’inspirer de tout ce qui est en rapport avec l’art, mais de s’inspirer absolument de tout, de tout ce qui touche notre environnement et le monde. J’ai toujours  un carnet de dessin et un crayon ou stylo encre à portée de main, ce qui me permet de croquer et d’esquisser rapidement des idées à approfondir plus tard. J’utilise aussi Pinterest, une merveilleuse mine d’inspiration que je recommande à tous les artistes et designers. J’aime également m’inspirer des tenues de personnes que je croise dans la rue, qu’ils soient traditionnels, urbains, africains ou autres. En mixant ces différents styles avec ma propre créativité, il en  ressort, dans mes dessins de mode quelque chose d’assez original. Ensuite, vient la phase de la matérialisation. Que ce soit un portrait, un sac, ou un vêtement, je garde toujours, à l’esprit, les grandes lignes de mon idée et, au fur et à mesure, j’enlève ou je rajoute des éléments à la création. C’est ça qui me passionne.

A-t-il été facile de vous imposer en tant que femme et artiste au Sénégal ?

Je dirais oui en tant que femme et plus ou moins en tant qu’artiste. Depuis plus
d’un demi-siècle, le Sénégal a pu s’illustrer à travers diverses manifestations culturelles grâce à des artistes et acteurs culturels brillants, et notamment des femmes, dans les domaines de la littérature, l’art plastique, théâtral et cinématographique, le design, la danse, etc. Je les remercie énormément, car c’est grâce à elles que de nombreuses femmes aujourd’hui, dont moi-même, peuvent exercer librement divers métiers d’art et s’y imposer, avec de nouvelles formes d’expressions tels que le Slam, la photographie urbaine ou le graffiti. En ce qui me concerne, et c’est là où intervient le plus ou moins, c’est qu’il n’y a pas encore assez de femmes qui exercent l’infographie et le design graphique. Je me rappelle à mes débuts il y a six ans, j’étais un peu hésitante quant à publier mes œuvres sur ma page professionnelle et dans les réseaux sociaux (…) car je ne voyais aucune autre femme en faire autant. On m’envoyait régulièrement des messages (et même jusqu’à présent) pour me demander si c’était bien moi qui avait réalisé ces créations, très complexes… Et avec plaisir je réponds toujours « oui, c’est bien moi, merci beaucoup »!  En fait, au Sénégal, un des principaux problèmes que j’ai pu rencontrer et que peut rencontrer un artiste (homme ou femme), est de ne pas pouvoir se promouvoir comme il le mérite, aussi bien se faire connaître et trouver des lieux d’expositions. Les évènements culturels assez importants comme la Biennale de Dakar par exemple sont périodiques et le coût de la location pour exposer dans certaines galeries peuvent se révéler assez cher. Je tiens à remercier mon amie de longue date et collaboratrice et designer Haby Diallo, qui m’a permis gentiment d’organiser ma première exposition durant la Biennale de Dakar en 2012, dans sa galerie Créas I Am.

Et votre entourage, que pensent-ils du métier que vous avez choisi d’exercer ?

J’ai grandi dans un environnement familial où règnent principalement la culture, les arts
et surtout les lettres. Mes parents ne nous ont jamais obligé mes grandes-sœurs et moi à suivre une voie qui ne nous plaisait pas. Bien au contraire, tous les moyens (y compris le soutien moral) étaient mis en œuvre pour que nous puissions réussir. Mon père (malheureusement décédé l’an dernier) a été Directeur général de la Culture et de la Communication à l’Agence de Coopération culturelle et technique (A.C.C.T., actuelle OIF) et ma maman est une ex enseignante-chercheure à la retraite. Mes parents et mes grandes soeurs ont contribué à développer ma culture générale. Je leur en serai toujours reconnaissante. C’est peut-être ça qui me pousse tous les jours à me dépasser en tant que personne et aussi en tant qu’artiste. Leur avis à chacun compte toujours pour moi, ce qui fait que ma famille est sans aucun doute ma principale source d’inspiration !

Quels sont les graphiques designers que vous admirez ou qui vous inspirent ?

Il y en a beaucoup. Je citerai tout d’abord  les deux tout premiers dessinateurs qui m’ont donné envie de faire du portrait et de l’art graphique quand j’étais enfant : Bernard Dufossé , un dessinateur français de bande dessinée, dont j’appréciais beaucoup le style soigné et esthétique qu’il apportait à ses personnages, notamment les personnages africains. Ensuite, Barly Baruti, un dessinateur congolais de bande dessinée, qui m’a véritablement inspiré et continue jusqu’à présent à m’inspirer dans mon travail en rapport avec l’encrage. Son style est si réaliste que j’avais l’impression que ses personnages allaient commencer à se mouvoir sur la feuille. Ce fut un grand moment pour moi lorsque j’ai pu le contacter et lui faire part de mon admiration pour ses dessins et de découvrir que c’était réciproque. C’est véritablement un grand monsieur, courtois et très sympathique !  Andy Warhol est bien évidemment, une grande source d’inspiration dans mon travail de design textile fait main et mes portraits sur tissu, car il a élevé la sérigraphie au rang d’ art « pop » et contemporain, notamment avec des portraits, des objets du quotidien ou des évènements (…)

Avez-vous un thème particulier sur lequel vous travaillez en ce moment ou envisagez de travailler ?

En ce moment, je travaille sur mes collections à venir pour 2016 : créations vestimentaires, mais aussi de décoration et d’ameublement. Je travaille encore et toujours sur le thème du portrait, mes propres motifs et la sérigraphie fait main (…)  L’un de mes principaux projets est d’organiser chaque année des ateliers artistiques et des activités culturelles comme le théâtre.  Cette année, en particulier, je compte faire participer des personnes handicapées, malentendantes ou malvoyantes issues des différents centres spécialisés du Sénégal. Je pense que l’art est accessible à tous et contribue au bien-être et à  l’épanouissement de chacun.  Je me prépare aussi à participer au Festigraff (Festival International du Graffiti en Afrique/Sénégal) dont la 7ème édition aura lieu à Dakar du 26 Avril au 05 Mai 2016. Ceci après avoir participé au Festival XEEX en Décembre dernier, évènement culturel initié, depuis des années,  par Nicolas de la Carrera, dans le quartier de la Médina, pour la sauvegarde le l’environnement et l’amélioration du cadre de vie de ses populations. Si le temps me le permet, vers la fin de l’année je compte organiser une nouvelle fois une exposition individuelle sur le portrait et mes créations artisanales.

Cette esquisse ci-dessous (Femme artisane à Diourbel) est notre coup de cœur. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

11885330_831521016961708_8473184585474455247_n-1[1](2)

Ma mère aide depuis plusieurs années déjà des artisans dans toutes les régions du Sénégal. Je me suis inspiré des photographies prises lors de ses voyages dans les communautés rurales pour réaliser  des œuvres entièrement dessinées à l’encre de Chine et au stylo, dont celle-ci avec les femmes artisanes de Diourbel, spécialistes de la vannerie (tressage de paniers) et de la céramique (poterie). C’est aussi une manière de faire connaître davantage les métiers de l’artisanat d’art du Sénégal au public d’ici et d’ailleurs, car faute de moyens beaucoup n’arrivent pas à écouler leurs productions et malheureusement leur savoir-faire risque de disparaître avec le temps. Ainsi, depuis 2013, avec ma caméra je vais à la rencontre des Maitres Artisans spécialisés dans divers domaines et réalise ainsi des webdocumentaires.  L’art et la culture, c’est la base de toutes les civilisations du monde entier et tout  le monde peut s’en inspirer pour aller de l’avant.

Découvrez le travail d’Aïssatou Touré:

 

On the occasion of the International Women’s Day, I wanted to set the background of  a famous amazing African woman. Someone who has deeply marked her time by her opinion and whose courage and determination inspire admiration and respect. I was thinking about the first African filmmaker : the Senegalese Safi Faye…In the meantime, I have the opportunity to interview, Aïssatou  Touré, a young graphic designer and entrepreneur  who is also originated from Senegal. Her artistic path reminds me of Safi Faye’s one as she is carrying on an occupation that is is hold by very few Senegalese women. She is not that famous, I know, but I am persuaded that this young 30-year-old woman will personally mark her time and will be a model for the next generation. Interview with Aïssatou Touré, the multi-talented artist.

 

Whats is your background ? What made you decide to study Graphic Design ? 

After I studied English for one year and a half at Cheikh Anta Diop University, a medical treatment progressively forced me to stop my studies. During my recovery, my family encouraged me to attend a computer graphics and webdesign courses so that I could switch myself off from the disease. I had some notions from my older sister who were a webdesigner at that time. As I came out top of the year the following year, this prompted me to seek further education in digital arts. I acquired further knowledge and training in terms of design, graphic design, painting, thanks to talented teachers. The year after, in 2011, I opened a  graphic design studio, called  Graffiks To’ and I launched my brand of clothing « GTo’-Urban Wear by Aïssatou T. » in 2014. In addition to my textile design, I also create hand-painted decorative items and furniture

You are a portraitist, a visual artist, a textile designer, an entrepreneur…How do you define yourself ?

When I am asked to introduce myself, I often have little trouble. Actually each time
I have to specify orgive details on my activities, I often start by saying that I am an entrepreneur, a graphic designer, a visual artist, a potraitist…I am the kind of artist who doesn’t want to expose myself…However when people show real interest in my artworks and let me know, I am heartened and that is worth all the gold in the world ! This is the reason for why I prefer to consider myself as a versatile artist. It’s easier

What do you like most about your job ?

What is passionating above all is searching ideas, the source of inspiration.  Art is not having inspiration from anything that concerns art but being absolutely inspired from anything and especially things that are linked to our environment and the world. I always have a drawing book and a pencil or an ink pen at hand. That allows me to design and sketch rapidly the ideas to be deepened later. I also use « Pinterest », a wonderful souce of inspiration that I recommend to all artists and designers. I like being inspired by the outfits of people I met in the streets, whether they are traditional, urban, african, etc,. While mixing those different styles with my own creativity, something rather original appears on my fashion drawings. Then comes the realisation step. Whether it is a portrait, a bag or a clothe, I always keep in mind the outlines of my idea and little by little I withdraw or add elements to the creation. I guess that’s what I like about my job.

Was it easy for you to impose yourself as both a woman and an artist  in Senegal ?

Yes as a woman and more or less as an artist. For over half a century, Senegal has been at the heart of various cultural events thanks to artists and brilliant cultural actors and especially women in the field of literature, plastic art, theatre,cinema, design, dance,etc… I am grateful because thanks to them many women, included myself, have today the opportunity to exercise in different art activities freely and to impose ourselves with new forms of expression such as Slam, urban photography or graffiti. For my part, and that is where  the more and less has all its importance, women are poorly represented in graphic design and computer graphic areas. I remember when I started this job six years ago, I was reluctant to post my artworks on my website and on social networks (…) because I couldn’t see any other woman doing so. I regularly received messages (and even today) from people asking me if  I was the author of those very complex designs…  I always answer with great pleasure « Yes, it’s me. Thanks so much ». Actually, in Senegal, one of the major challenges I have met or an artist (man or woman) can met is the lack of visibility. An artist cannot be promoted as he deserves and finding an exhibition place is difficult. Significant cultural event such as the Dakar Biennale for example are periodic and the cost for an exhibition place in galleries is rather expensive. I would like to thank my dear friend of many years, designer and collaborator Haby Diallo, who kindly offered me the opportunity to organise my first exhibition in her gallery Créas I Am during the 2012 Dakar Biennale.

What about your friends and family ? What do they think about your job ? 

I grew up in a family environment where Culture, Arts and Letters reigned. My parents never oblige my older sisters and I to follow a path we didn’t want to. On the contrary they did their best providing us ressources and moral support to ensure we succeed. My father (he unfortunately died last year) was General Director for Culture and Communication  at  the Agency for Cultural and Technical Co-operation (A.C.C.T., currently OIF) and my mother was a former teacher-searcher (currently retired). My parents and my older sisters  have helped me develop my general culture. I will be forever grateful to them.  This is the reason for why everyday I am constantly trying to challenge myself as a person and also as an artist. Their opinion is important and my family is undoubtedly my main source of inspiration !

Which are the graphic designers you admire or take inspiration from ?

There are many. First, I mention the first two cartoonists who made me want to become a portraitist and practise graphic design when I was a child :  Bernard Dufossé , a comic French cartoonist of whom I enjoyed the neat aesthetic style he brought to his characters especially for the African ones. Then, comes Barly Baruti, a comic Congolese cartoonist who really inspired me until today while working  with inking. His style is so realistic that you have the impression the characters are moving on the paper. The day I contacted him to  express my admiration for his work  and discovered that was reciprocal was a great one.  He is undoubtedly a great man, friendly and pleasant !  Andy Warhol is obviously a big source of inspiration for my hand-painted textile design and my portrait realised on fabrics because he raised screnn printing to a contemporean pop art level, especially with portraits, daily items or events (…)

What are you working on now and what are you planning to work on in the future?

Currently I am working on my 2016 collection : clothes, decorative items and furnishing. I am still working on portraits, my own patterns and handmade screen printing (…)  One of my main project is to organise a yearly  artistic workshops and cultural activities such as theatre. This year, particularly, I plan to have disabled persons, hearing or visually impaired ones  from different specialised  institutions of Senegal participated in those activities. I think  art should be accessible to all as  it contributes to each one’s well-being and fulfilment. I am also planning to participate to Festigraff  (Senegal International Festival of Graffiti sheduled from 26th April to 5th May 2016). I participated to  XEEX Festival (another graffiti Festival) last December, an event created by Nicolas de la Carrera in the Medina’s neighbourhood. The Festival aims at protecting the environment and  improving the living conditions of the inhabitants . If I have time I will try to organise once again  an indiviual exhibition on portraits and craftworks.

This sketch below (Diourbel craftwoman) is our crusch. Could tou tell us more about it ? 

11885330_831521016961708_8473184585474455247_n-1[1](2)

My mother has been helping craftmen of all the regions of Senegal for many years. I had inspiration from the photos she took during her travels to rural communauties and the artwork I made are entirely with ink  and pen, among which, this one with the craftwomen from Diourbel who are experts in basketry and ceramics. It is a goood way to have the Senegalese handcraft known by people from here or elsewhere. Many of them are having dificulties in selling their products and unfortunately their know-how is disappearing with time. So, since 2013,  I have been meeting craftmen from different fields and I have made wedocumentaries. Art and culture are the foundation of all the Civilisations of the world and one can inspire from it to move forward.

 

Discover Aïssatou Touré’s artwork :

 

 

Publicités

Cléone, Clap sur Avid l’artiste de l’ombre

Endless dance Copyright © Avid

David Fréchou est  l’auteur de l’affiche, Cléone , la pièce de théatre d’Isabelle Ménal dont la première s’est jouée, hier, au Théatre du Ménilmontant, à Paris. L’artiste antillais de 31 ans, est connu sur la scène graphique française sous le pseudonyme, Avid. Sa passion pour son métier de graphiste remonte à sa plus tendre enfance avec les films d’animation comme Dragon Ball  Z (diffusé sur France 2 à travers le programme télé, le Club Dorothée) dont il s’inspire pour créer des dessins qu’il associe à l’univers des comic. Fan de Spiderman, X-men, Spawn et autres mangas, il perfectionne son style en suivant des études d’arts plastiques, tantôt aux Antilles et tantôt en France, puis s’offre par la suite une formation de webdesigner. En participant aux battles graphiques (confrontation de graphistes via ordinateur), Avid remporte des prix dont celui du concours international Ten by Fotolia et gagne en notoriété. Son travail a fait l’objet d’une publication dans le magazine France Advanced Creation et a suscité l’intérêt du Salon de la photo et des sites dédiés à la culture graphique. Afrique sur scène a voulu en savoir plus sur cet artiste de l’ombre et c’est en toute simplicité qu’Avid a accepté de répondre à nos questions.

Vous êtes à l’origine de l’affiche de la pièce de théatre. Qu’est-ce qui vous a poussé à travailler avec l’équipe de Cléone ?

Concrètement, c’est l’invitation et la confiance faites par Mathieu Party (Responsable communication de la pièce) qui ont d’abord primé, puis la rencontre avec Isabelle, l’auteure de la pièce, et un des comédien Nicolas Mouen. Isabelle m’a parlé de la pièce avec coeur et beaucoup d’envie,  et comme tout bon créatif, les idées ont fusé.

Pouvez-vous nous expliquer brièvement le travail qui vous a été confié ?

Donner vie à Cléone. Dans un premier temps, j’ai été à l’écoute puis j’ai du synthétiser toutes les envies et informations pour retranscrire visuellement ce qu’était Cléone. Au delà du côté visuel, une mécanique s’est installée. Comment en parler ? Comment faire vivre le personnage ?  Et surtout comment présenter cette pièce sans trop en dire pour laisser la surprise et inciter les gens à venir la voir.

Comment avez-vous préparé vos travaux de recherche artistique ?

Pour les recherches, il y a eu d’abord des mots à définir autour d’un bon repas et un très bon gâteau (merci Isabelle) partagé avec l’équipe de Cleone. Cela a permis ensuite d’avoir une ligne directrice sur le rendu et ce que l’on voulait exprimer autour de ce rendu final. Je dis « final » car nous avons fait plusieurs affiches qui exprimaient toutes à leur manière le personnage de Cléone.

Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans votre travail ?

Ce que j’aime dans mon métier, c’est le renouveau. Se challenger à chaque fois, s’adapter et trouver de nouvelles idées. Nous sommes nombreux dans le métier et si sortir du lot est difficile, il est encore plus difficile de garder l’étiquette du bon graphiste. L’arrivée de nouveaux venus dans le milieu est lourd à porter, du coup je me considère comme étant un éternel novice désireux, avide d’apprendre. Ce qui me stimule aussi c’est le contact, l’échange, la communication.

Parmi toutes vos oeuvres quelle est celle qui vous touche le plus ? Pourquoi ?

Je pense que les séries sur les concours Ten by Folia sont en fait mes préférées dans le sens où pendant un mois et sur chacun des dix thème je me suis toujours donné à fond pour avoir une idée propre et un rendu de qualité maximale.
Ce moment où je crée, où je perds la notion du temps est juste quelque chose de merveilleux surtout quand le rendu final me dépasse.

Quels sont les graphistes que vous admirez ou qui vous inspirent ? Pourquoi ?

Mes graphistes préférés? Wow !  Il y en a beaucoup. Sur la France Babou Don Mena, Brice Chapelet, Céline Lippmann, Ibrahim Amiot, Estelle Chomienne, Jean Raphaël Belajew… et bien d’autres encore. Je dirais que toutes ces personnes représentent mes inspirations passées car ce sont elles qui m’ont motivées à me lancer dans le graphisme. Elles représentent, encore, mes inspirations du moment car elles sont toujours d’actualités et font toujours partie de l’élite. Elles continueront à être une source d’inspiration future car leur style va perdurer.

Avez-vous un projet particulier sur lequel vous travaillez ou envisagez de travailler ?

J’ai plusieurs début de projets de collections que je fais mûrir pour avoir, un jour, l’opportunité d’exposer.

L’oeuvre ci-dessous est notre coup de coeur. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

Darkness and Light, a été créé pour un concours international et a été l’oeuvre gagnante. Ce qui me plait dans ce visuel, c’est le coté dansé de cette dualité. On peut parler de jeux d’ombre et de lumière. Tout se passe sur une plate forme qui serait notre terre ou plutôt comme une boite à musique. Avec des symboles très nobles que sont le paon et le cygne, ou encore les roses, j’ai voulu rester léger mais en mouvement grâce aux différents plans que la créa suggère. Nous ne sommes pas sur une totale obscurité, nous sommes dans le domaine du rêve par l’aspect bleuté de la composition.

Vous pouvez découvrir le travail d’Avid sur sa page Facebook

Darkness and light copyright © Avid
Darkness and light copyright © Avid

David Fréchou is the artist who has designed the poster of Cléone, the theatre play written by Isabelle Ménal and whose première took place yesterday at Ménilmontant Theater in Paris. The 31-year-old West Indian man, is known on the French graphic design scene under the pseudonym Avid. His passion as a graphic designer dates back to his early childhood with animated movies such as Dragon Ball Z (broadcasted on the French Channel  through a famous TV programme for children : le Club Dorothée) from which he takes inspiration to create drawings with additional elements borrowed from the comic world. As a fan of Spiderman, X-men, Spawn and other mangas, he develops his skills studying plastics arts, both in the West Indies and France, and then he undertakes webdesign. Avid has participated to many graphic battles (confrontation of graphic designers via internet) including the international competition, Ten by folia, for which he has been awarded and gained recognition. His work has been published on the French Advanced Creation Magazine and has drawn the attention of the Paris Photo Show and websites dedicated to graphic culture. Afrique sur scène has wanted to know more about this artist who is working in the shadow and it is with all simplicity that Avid has accepted to answers our questions.

You have designed the poster of the theatre play. What motivates or inspires you to work with « Cléone »‘s team ?

In concrete terms, it is the invitation and the confidence Mathieu Party (Cleone’s communication Manager) shown in me that prevailed above all. After I was introduced to Isabelle Ménal together with one of the actors, Nicolas Mouen, we had a discussion altogether. Isabelle talked about the play from her heart and much desire and as a good creative person, many ideas have issued forth.

Would you explain us the work that has been asked you to produce ?

Giving birth to Cleone. As a first step, I have to understand the concerns and tastes, synthetize the whole before materializing visually Cléone’s character. Apart from the visual aspect, unexpected thoughts hit me. How are we going to speak about this? How are we going to bring the character to life ? And overall, how are we going to introduce the play without saying too much so that to maintain the suspense and make people come to see it ?

How did you handle your work of artistic research ?

Words were defined around a good meal and a good cake (thanks Isabelle) shared with Cléone’s team. That allowed us to draw a guideline on the final render and to show the things we wished to convey around that final render. I say « final » because we created several posters that all described Cleone’s character in a certain way.

 What do you  find particularly exciting about your job ?

What I find exciting about my work is the renewal. Challenging, adapting oneself to new situations, finding new ideas each time. There are many graphic designers on the market and if standing out fom the mass is difficult, it is even harder to maintain a good level. The arrival of newcomers into the market is not that easy to handle so I consider myself as an eternal novice wishing to learn. What stimulates me is getting in touch, exchanging and communicating.

Among your work, which one is your favourite ? Why ?

I think the series I made for Ten by Fotolia competitions are my favourite ones. Actually, I worked hard for one month, trying to get my own ideas and focusing on a high quality render for each of the ten themes. That moment when I design and lose all sense of time is something wonderful, over all, when the final render goes far beyond my expectations.

Which graphic designers do you admire or take inspiration from ? why ?

My favourite graphic designers ? Wow ! There are so many…Just in France, Babou Don Mena, Brice Chapelet, Céline Lippmann, Ibrahim Amiot, Estelle Chomienne, Jean Raphaël Belajew…and many others. All that persons represent my past inspirations. They are those who motivated me to enter the business. They are still representing my current inspirations as they are the best on the market and they will always be my source of future inspirations as their style is perpetuating.

Are you currently working on a particular project ?

I have started several collection projects that I am currently working on and I wish I would have the opportunity to have them featured one day.

Your below picture is our crush. Can you highlight us about it ?

« Darkness and Light » was created for an international competition and was the winning artwork. What is interesting in this visual is the dancing aspect of this duality. We can talk about a play of lights and shadows. The scene takes place in a platform that could be the earth or a music box. With noble symbols such as the peacock, the swam or the roses, I wanted to be as light as I can focusing on the movement thanks to the different plans the creation can suggest. The image is not a total darkness as the blue aspect of the composition refers to a dream world.

You can discover Avid‘s artwork on his Facebook page