Wallay, un film de Berni Goldblat

[BONS PLANS / GOOD TIPS AND HOT SPOTS]

Quand le temps nous joue des tours, avec cette chaleur tantôt agréable ou tantôt insupportable, rien de mieux que d'aller se réfugier dans la fraîcheur des salles de cinéma et profiter de "Wallay" de Berni Goldblat actuellement à l'affiche depuis mercredi dernier.

Remarqué récemment à la Berlinale ou encore au Festival de Cannes, le film met en scène, Ady, un jeune franco-burkinabé de 13 ans, dont le père, dépassé par le comportement de l'adolescent, décide de l'envoyer chez son oncle au Burkina Faso afin de parfaire son éducation et de faire de lui un homme. Persuadé de partir en vacances Ady ne semble pas disposer à embrasser la voie de la sagesse…

Bande annonce / Trailerhttps://youtu.be/iGS86rTweVI

When the weather is playing a few tricks with a heat both pleasant and unbearable, nothing could be better than to seek refuge into cool theathers and profit on "Wallay", the Berni Goldblat's first long movie, currently on screen since last wednesday.

The film that has drawn the attention of the Berlinale and the Festival  of Cannes focuses on Ady, a 13-year-old French-Burkinabe, whose father, exceeded by the teenager's behaviour, decides to send him to his uncle's in Burkina Faso so that to further his education and have him become a man. Persuaded that he is going on vacation, Ady is not willing to embrace the path of wisdom… 

 

 

 

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Clap sur Wùlu, le film de Daouda Coulibaly

Il était une fois à Bamako… Wùlu , le premier long-métrage de Daouda Coulibaly, aurait pu débuter  par cette formule d’introduction. Seulement, le réalisateur franco-malien en a décidé autrement. Le film s’ouvre sur une voix off qui interpelle le spectateur  :

Dans la culture bambara, les sociétés d’initiation ont pour rôle de former leurs adeptes de manière à en faire des membres dignes de leur communauté.
Dans la société dite du Ntòmo, les initiés progressent à travers cinq niveaux :
Le niveau du lion enseigne à l’individu d’où il vient.
Celui du crapaud lui dit où il va.
Celui de l’oiseau le renseigne sur ce qu’il est.
Celui de la pintade considère la place de l’homme face au cosmos.
Le dernier niveau éclaire l’initié sur sa place dans la société. C’est le niveau du chien (Wùlu).

Le message est clair. Il annonce un parcours de vie qui se déroule dans un contexte africain.

Entre contes et fables

Pour être reconnu dans la société bambara, l’individu doit se soumettre aux différents rites de passage qui feront de lui un être respectable. « Je pense que Ladji, le personnage principal…il vient de ces valeurs là. Sa priorité, quand on le découvre au début du film, c’est le fait de se respecter lui, de respecter son clan, de respecter sa communauté » nous informe Daouda Coulibaly. Effectivement, les premières images du film présentent Ladji sous les traits d’un apprenti-chauffeur, au service de la communauté. Ce jeune homme nourrit l’espoir d’obtenir, un jour, la promotion qui lui permettrait de s’élever dans la société et peut-être d’atteindre la 5ème étape de son parcours de vie, celle du Wùlu. Le poste convoité est à sa portée mais Daouda Coulibaly préfère lui faire emprunter un autre chemin en le privant de sa promotion. « Ladji, voit ses plans contrariés et s’impose une nouvelle direction. C’est à travers son parcours que finalement il va abandonner ses valeurs traditionnelles, d’où il vient, pour embrasser la voie du crime organisé et ce que la société moderne a de nouveau à offrir comme valeur ».  Le jeune homme, rejoint alors un groupe de narcotrafiquants et connait une ascension fulgurante : il passe de délinquant à criminel en franchissant chaque étape avec succès.

En changeant de trajectoire, Ladji adopte un nouveau profil. Il incarne « l’image de l’enfant terrible » (celui qui fait tout le contraire de ce que la société attend de lui) souvent évoquée dans les contes et les fables. On retrouve également cette même image chez sa soeur Aminata à qui on a attribué les pires caractéristiques : la prostitution, entre autres. Si certains pensent que le personnage d’Aminata contribue à renvoyer une image dégradante de la femme africaine, c’est bien le cas. Mais alors, il faut aller plus loin dans l’analyse et comprendre que c’est une volonté délibérée du réalisateur qui nous rappelle ici le rôle que joue les contes et les fables dans l’éducation d’un enfant. En effet, les deux jeunes gens représentent ce que la société africaine méprise au plus haut point et sont dépeints de manière très négative pour dissuader les enfants de suivre leur exemple. Cette idée est renforcée par une fin tragique où Ladji, malheureux, ne trouve pas sa place dans cette nouvelle vie et décide d’y mettre un terme. Une fin qui signe non seulement la perte d’un être cher pour Aminata mais surtout qui sonne comme une sanction pour toute personne qui ne respecte pas les valeurs de la communauté. « Il y a un côté un peu moraliste dans ce film. Moi j’aime beaucoup les contes initiatiques, ceux qui nous proposent de nous dévoiler, en tant que spectateur, un parcours de vie et donc c’est un peu ça que j’ai essayé de faire…de montrer un parcours de vie de Ladji et de faire en sorte qu’il nous interpelle, nous fasse réfléchir pour provoquer un débat », nous révèle le réalisateur. On est donc à même de se demander si les choses se seraient déroulées autrement si Ladji avait fait des études.

Entre éducation et narcotrafic

Pour beaucoup de pays africains, l’éducation reste un problème majeur. Si des progrès ont été effectués, ces dernières années, dans ce domaine, ils restent néanmoins insuffisants. Un rapport (document 37C/5) établi par l’Unesco en 2014  révèle que « l’Afrique est un continent d’opportunités. Depuis 2000, de nombreux pays africains ont accompli d’importants progrès […] mais accuse un retard dans beaucoup de grands domaines de l’éducation, ce qui entrave son développement socio-économique ». Ce rapport souligne bien le potentiel de l’Afrique et nous amène à nous interroger sur ceux qui profitent de ces opportunités. Une chose est sûre, cela ne concerne pas les laissés-pour-compte qui, à défaut de ne pouvoir être les acteurs directs du développement économique de leur pays, revendiquent leurs existences à travers un marché parallèle : celui de la débrouille. Mais, depuis une décennie, l’arrivée des narcotrafiquants en Afrique de l’ouest a changé la donne. Tout le monde veut profiter de ce commerce lucratif de la cocaïne, depuis le paysan qui peine à faire rentrer l’argent dans son foyer jusqu’au fonctionnaire dont le salaire n’a pas été versé depuis des mois ou encore jusqu’aux hauts fonctionnaires d’Etat qui souhaitent s’enrichir davantage. Profitant de la pauvreté des pays, du manque de contrôle aux frontières et de la corruption des gouvernements africains, ces narcotrafiquants ont réussi à faire de la région une plaque tournante pour le trafic de cocaïne vers l’Europe avec comme conséquence aggravante le développement de la criminalité.

C’est cette réalité que Daouda Coulibaly dépeint dans son film.  « J’ai voulu décrire une réalité qui doit interpeller tout le continent afin de trouver la voie du développement. Il faut commencer par regarder ce qui ne fonctionne pas et essayer de trouver les solutions que l’on peut apporter à ces dysfonctionnements au lieu de faire comme s’ils n’existaient pas ». Pour cela, il s’installe au Mali en 2011 et effectue des recherches sur l’affaire « Air cocaïne » qui a secoué le pays en 2009. Il se penche également sur la « figure criminelle » en Afrique qui selon lui est très peu exploitée dans le cinéma africain. Pour expliquer les raisons qui peuvent mener un homme vers la voie de la criminalité, il cite les écrits de James Baldwin : « La création la plus dangereuse de n’importe quelle société est cet homme qui n’a rien à perdre ». Ladji, est justement un pur produit de la société africaine. A travers ce personnage, Daouda Coulibaly donne la voix à la jeunesse et montre à quel point, celle-ci, en proie aux tourments d’un avenir incertain, mérite qu’on lui prête une oreille plus attentive. « Il faut investir dans le capital humain, investir dans la jeunesse africaine, c’est ça un peu que le film encourage à prendre en considération ».

Wùlu  est un film réaliste qui ne cherche pas à accabler les dirigeants africains mais plutôt à les inciter non seulement à faire face aux problèmes qui freinent actuellement le développement socio-économique mais surtout à trouver des solutions pour construire le continent et offrir un avenir à la jeunesse. Pour ce premier long-métrage, Daouda Coulibaly a rempli son contrat. C’est un film qui fait du bien et qui est encourageant pour l’avenir du cinéma africain.

 

 

 

 

 

 

« Adama », le film d’animation de Simon Rouby

Adama , le film d’animation, réalisé par Simon Rouby, sort en salle mercredi 21 octobre 2015. Soutenu par le Festival d’Annecy, le long-métrage, au budget réduit, bouscule les grosses productions pour se tailler une place au soleil.

Le film relate l’histoire touchante d’un petit africain de 12 ans qui part à la recherche de son frère envoyé en France pendant la Première Guerre mondiale.

Inspiré de l’expérience douloureuse du tirailleur sénégalais Abdoulaye N’diaye, décédé un 11 novembre à l’âge de 104 ans, ce film est avant tout un conte qui se transforme petit à petit en récit historique. Son succès repose sur la volonté du jeune réalisateur de 36 ans qui fait le choix de « se concentrer uniquement sur l’information à donner au spectateur ».

Plusieurs acteurs dont Azize Diabate (La cité Rose), Pascal Nzonzi (Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ?), prêtent leurs voix aux personnages avec, comme invité surprise, le rappeur Oxmo Puccino.

« Adama », the animated film, directed by Simon Rouby, will be released in theater this 21st October 2015. Supported by the Annecy Festival, the limited budget full-lenghth movie, is challenging the major production companies so that to make a place in the sun.

The movie relates the touching story of a 12-year-old African who tracks down his brother shipped to France during the First World War.

Inspired by the painful experience of the Senegalese « tirailleur », Abdoulaye N’diaye who died on a 11th November at the age of 104, this movie is, above all, a tale that is turning into an historical narrative. Its success is based on the willing of the young 36-year-old director who has chosen « to focus only on the information given to the audience ».

Several actors including Azize Diabate (La cité Rose), Pascal Nzonzi (Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ?), are the voices of the characters together with an unexpected guest, the rapper Oxmo Puccino.