« Ce qu’il reste de la folie » — un film de Joris Lachaise

Le documentaire de Joris Lachaise, Ce qu’il reste de la folie, sort ce mercredi 22 juin au cinéma à Paris. Le réalisateur, accompagné de la romancière et cinéaste sénégalaise Khady Sylla, tente de comprendre cette folie qui affecte les malades de l’hôpital psychiatrique de Thiaroye, situé dans la banlieue de Dakar.

Les témoignages des pensionnaires de l’hôpital, tantôt ponctués par des sursauts de lucidité, nous amène à réfléchir sur les différentes voies de guérison possibles.

Médecine traditionnelle ou médecine moderne ?

La réponse en image…

 

Joris Lachaise’s documentary, « Ce qu’il reste de la folie » will be in theater this wedneday 22 June 2016 in Paris. The Director, accompanied by writer and filmmaker Khady Sylla tries to understand the insanity that affects the patients of Thiaroye’s mental hospital located in the suburbs of Dakar.

Residents’ testimonies, punctuated sometimes by rises of lucidity, prompt us to reflect on the different possible paths of healing.

Traditional medecine or modern medecine ?

The answer in the trailer…

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Aïssatou Touré : l’artiste sénégalaise aux multiples talents

Photo Copyright  Haby Diallo – Festival XEEX – Fresque réalisée par Haby Diallo et Aïssatou Touré

A l’occasion de la Journée de la Femme, je voulais dresser le portrait d’une femme africaine célèbre au parcours remarquable. Une personne qui aurait profondément marqué son temps par ses prises de positions  et dont le courage et la détermination force l’admiration et le respect. J’avais pensé à la première réalisatrice africaine : la sénégalaise Safi Faye…Entre-temps, j’ai découvert, Aïssatou Touré, une jeune graphiste et entrepreneuse, originaire, elle aussi, du Sénégal. Son parcours n’est pas sans rappeler celui de Safi Faye dans la mesure où elle exerce un métier où très peu de femmes sénégalaises s’y illustrent. Elle n’est pas célèbre, je vous l’accorde, mais je suis persuadée que cette jeune femme de 30 ans va, elle aussi, marquer son temps à sa manière et servir de modèle pour les générations à venir. Entretien avec Aïssatou Touré, l’artiste aux multiples talents.

Quel est votre parcours ? Qu’est-ce qui vous a amené à vous orienter dans les arts graphiques ?

Après avoir étudié  l’anglais à l’Université Cheikh Anta Diop pendant un an et demi, un traitement médical m’a contrainte, progressivement, à arrêter mes études. Durant ma convalescence, pour me changer les idées, ma famille m’a encouragé à m’inscrire à une formation en infographie/webdesign. J’avais acquis quelques notions  par ma grande-sœur, qui était webdesigner à cette époque là. Le fait de sortir major de ma promotion  m’a incité, l’année suivante à poursuivre mes études en arts numériques à l’Ecole des Arts Visuels de Dakar. Cela  m’a permis d’acquérir davantage de connaissances et de perfectionnement, notamment en matière de Design, en graphisme et en peinture, grâce à  des professeurs compétents.  Un an après, en 2011, j’ai ouvert mon studio graphique et d’infographie que j’ai appelé Graffiks To’. En 2014, j’ai lancé ma petite marque de vêtements, « GTo’-Urban Wear by Aïssatou T.« . En plus de mes créations textiles je propose également des objets décoration ou d’ameublement peints à la main.

Vous êtes portraitiste, artiste plasticienne, designer en textile, entrepreneuse …Comment vous définissez-vous ?

Souvent, lorsqu’on me demande de me présenter, j’avoue que j’ai un peu de mal.
En effet, à chaque fois que l’on me demande de préciser et de détailler mes activités, je
commence par dire que je suis gérante d’entreprise, designer graphiste, artiste plasticienne, portraitiste, …Je suis le genre d’artiste à ne pas trop vouloir m’exposer…cependant, lorsque le public apprécie mes œuvres et me le fait savoir, cela me va droit au cœur et ça, ça vaut tout l’or du monde. Raison pour laquelle je préfère me définir comme étant une artiste polyvalente, c’est plus simple !

Qu’est-ce qui vous passionne dans votre métier ?

Ce qui me passionne avant tout c’est la recherche d’idées, la source d’inspiration. Car l’art, avant tout, ce n’est pas de s’inspirer de tout ce qui est en rapport avec l’art, mais de s’inspirer absolument de tout, de tout ce qui touche notre environnement et le monde. J’ai toujours  un carnet de dessin et un crayon ou stylo encre à portée de main, ce qui me permet de croquer et d’esquisser rapidement des idées à approfondir plus tard. J’utilise aussi Pinterest, une merveilleuse mine d’inspiration que je recommande à tous les artistes et designers. J’aime également m’inspirer des tenues de personnes que je croise dans la rue, qu’ils soient traditionnels, urbains, africains ou autres. En mixant ces différents styles avec ma propre créativité, il en  ressort, dans mes dessins de mode quelque chose d’assez original. Ensuite, vient la phase de la matérialisation. Que ce soit un portrait, un sac, ou un vêtement, je garde toujours, à l’esprit, les grandes lignes de mon idée et, au fur et à mesure, j’enlève ou je rajoute des éléments à la création. C’est ça qui me passionne.

A-t-il été facile de vous imposer en tant que femme et artiste au Sénégal ?

Je dirais oui en tant que femme et plus ou moins en tant qu’artiste. Depuis plus
d’un demi-siècle, le Sénégal a pu s’illustrer à travers diverses manifestations culturelles grâce à des artistes et acteurs culturels brillants, et notamment des femmes, dans les domaines de la littérature, l’art plastique, théâtral et cinématographique, le design, la danse, etc. Je les remercie énormément, car c’est grâce à elles que de nombreuses femmes aujourd’hui, dont moi-même, peuvent exercer librement divers métiers d’art et s’y imposer, avec de nouvelles formes d’expressions tels que le Slam, la photographie urbaine ou le graffiti. En ce qui me concerne, et c’est là où intervient le plus ou moins, c’est qu’il n’y a pas encore assez de femmes qui exercent l’infographie et le design graphique. Je me rappelle à mes débuts il y a six ans, j’étais un peu hésitante quant à publier mes œuvres sur ma page professionnelle et dans les réseaux sociaux (…) car je ne voyais aucune autre femme en faire autant. On m’envoyait régulièrement des messages (et même jusqu’à présent) pour me demander si c’était bien moi qui avait réalisé ces créations, très complexes… Et avec plaisir je réponds toujours « oui, c’est bien moi, merci beaucoup »!  En fait, au Sénégal, un des principaux problèmes que j’ai pu rencontrer et que peut rencontrer un artiste (homme ou femme), est de ne pas pouvoir se promouvoir comme il le mérite, aussi bien se faire connaître et trouver des lieux d’expositions. Les évènements culturels assez importants comme la Biennale de Dakar par exemple sont périodiques et le coût de la location pour exposer dans certaines galeries peuvent se révéler assez cher. Je tiens à remercier mon amie de longue date et collaboratrice et designer Haby Diallo, qui m’a permis gentiment d’organiser ma première exposition durant la Biennale de Dakar en 2012, dans sa galerie Créas I Am.

Et votre entourage, que pensent-ils du métier que vous avez choisi d’exercer ?

J’ai grandi dans un environnement familial où règnent principalement la culture, les arts
et surtout les lettres. Mes parents ne nous ont jamais obligé mes grandes-sœurs et moi à suivre une voie qui ne nous plaisait pas. Bien au contraire, tous les moyens (y compris le soutien moral) étaient mis en œuvre pour que nous puissions réussir. Mon père (malheureusement décédé l’an dernier) a été Directeur général de la Culture et de la Communication à l’Agence de Coopération culturelle et technique (A.C.C.T., actuelle OIF) et ma maman est une ex enseignante-chercheure à la retraite. Mes parents et mes grandes soeurs ont contribué à développer ma culture générale. Je leur en serai toujours reconnaissante. C’est peut-être ça qui me pousse tous les jours à me dépasser en tant que personne et aussi en tant qu’artiste. Leur avis à chacun compte toujours pour moi, ce qui fait que ma famille est sans aucun doute ma principale source d’inspiration !

Quels sont les graphiques designers que vous admirez ou qui vous inspirent ?

Il y en a beaucoup. Je citerai tout d’abord  les deux tout premiers dessinateurs qui m’ont donné envie de faire du portrait et de l’art graphique quand j’étais enfant : Bernard Dufossé , un dessinateur français de bande dessinée, dont j’appréciais beaucoup le style soigné et esthétique qu’il apportait à ses personnages, notamment les personnages africains. Ensuite, Barly Baruti, un dessinateur congolais de bande dessinée, qui m’a véritablement inspiré et continue jusqu’à présent à m’inspirer dans mon travail en rapport avec l’encrage. Son style est si réaliste que j’avais l’impression que ses personnages allaient commencer à se mouvoir sur la feuille. Ce fut un grand moment pour moi lorsque j’ai pu le contacter et lui faire part de mon admiration pour ses dessins et de découvrir que c’était réciproque. C’est véritablement un grand monsieur, courtois et très sympathique !  Andy Warhol est bien évidemment, une grande source d’inspiration dans mon travail de design textile fait main et mes portraits sur tissu, car il a élevé la sérigraphie au rang d’ art « pop » et contemporain, notamment avec des portraits, des objets du quotidien ou des évènements (…)

Avez-vous un thème particulier sur lequel vous travaillez en ce moment ou envisagez de travailler ?

En ce moment, je travaille sur mes collections à venir pour 2016 : créations vestimentaires, mais aussi de décoration et d’ameublement. Je travaille encore et toujours sur le thème du portrait, mes propres motifs et la sérigraphie fait main (…)  L’un de mes principaux projets est d’organiser chaque année des ateliers artistiques et des activités culturelles comme le théâtre.  Cette année, en particulier, je compte faire participer des personnes handicapées, malentendantes ou malvoyantes issues des différents centres spécialisés du Sénégal. Je pense que l’art est accessible à tous et contribue au bien-être et à  l’épanouissement de chacun.  Je me prépare aussi à participer au Festigraff (Festival International du Graffiti en Afrique/Sénégal) dont la 7ème édition aura lieu à Dakar du 26 Avril au 05 Mai 2016. Ceci après avoir participé au Festival XEEX en Décembre dernier, évènement culturel initié, depuis des années,  par Nicolas de la Carrera, dans le quartier de la Médina, pour la sauvegarde le l’environnement et l’amélioration du cadre de vie de ses populations. Si le temps me le permet, vers la fin de l’année je compte organiser une nouvelle fois une exposition individuelle sur le portrait et mes créations artisanales.

Cette esquisse ci-dessous (Femme artisane à Diourbel) est notre coup de cœur. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

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Ma mère aide depuis plusieurs années déjà des artisans dans toutes les régions du Sénégal. Je me suis inspiré des photographies prises lors de ses voyages dans les communautés rurales pour réaliser  des œuvres entièrement dessinées à l’encre de Chine et au stylo, dont celle-ci avec les femmes artisanes de Diourbel, spécialistes de la vannerie (tressage de paniers) et de la céramique (poterie). C’est aussi une manière de faire connaître davantage les métiers de l’artisanat d’art du Sénégal au public d’ici et d’ailleurs, car faute de moyens beaucoup n’arrivent pas à écouler leurs productions et malheureusement leur savoir-faire risque de disparaître avec le temps. Ainsi, depuis 2013, avec ma caméra je vais à la rencontre des Maitres Artisans spécialisés dans divers domaines et réalise ainsi des webdocumentaires.  L’art et la culture, c’est la base de toutes les civilisations du monde entier et tout  le monde peut s’en inspirer pour aller de l’avant.

Découvrez le travail d’Aïssatou Touré:

 

On the occasion of the International Women’s Day, I wanted to set the background of  a famous amazing African woman. Someone who has deeply marked her time by her opinion and whose courage and determination inspire admiration and respect. I was thinking about the first African filmmaker : the Senegalese Safi Faye…In the meantime, I have the opportunity to interview, Aïssatou  Touré, a young graphic designer and entrepreneur  who is also originated from Senegal. Her artistic path reminds me of Safi Faye’s one as she is carrying on an occupation that is is hold by very few Senegalese women. She is not that famous, I know, but I am persuaded that this young 30-year-old woman will personally mark her time and will be a model for the next generation. Interview with Aïssatou Touré, the multi-talented artist.

 

Whats is your background ? What made you decide to study Graphic Design ? 

After I studied English for one year and a half at Cheikh Anta Diop University, a medical treatment progressively forced me to stop my studies. During my recovery, my family encouraged me to attend a computer graphics and webdesign courses so that I could switch myself off from the disease. I had some notions from my older sister who were a webdesigner at that time. As I came out top of the year the following year, this prompted me to seek further education in digital arts. I acquired further knowledge and training in terms of design, graphic design, painting, thanks to talented teachers. The year after, in 2011, I opened a  graphic design studio, called  Graffiks To’ and I launched my brand of clothing « GTo’-Urban Wear by Aïssatou T. » in 2014. In addition to my textile design, I also create hand-painted decorative items and furniture

You are a portraitist, a visual artist, a textile designer, an entrepreneur…How do you define yourself ?

When I am asked to introduce myself, I often have little trouble. Actually each time
I have to specify orgive details on my activities, I often start by saying that I am an entrepreneur, a graphic designer, a visual artist, a potraitist…I am the kind of artist who doesn’t want to expose myself…However when people show real interest in my artworks and let me know, I am heartened and that is worth all the gold in the world ! This is the reason for why I prefer to consider myself as a versatile artist. It’s easier

What do you like most about your job ?

What is passionating above all is searching ideas, the source of inspiration.  Art is not having inspiration from anything that concerns art but being absolutely inspired from anything and especially things that are linked to our environment and the world. I always have a drawing book and a pencil or an ink pen at hand. That allows me to design and sketch rapidly the ideas to be deepened later. I also use « Pinterest », a wonderful souce of inspiration that I recommend to all artists and designers. I like being inspired by the outfits of people I met in the streets, whether they are traditional, urban, african, etc,. While mixing those different styles with my own creativity, something rather original appears on my fashion drawings. Then comes the realisation step. Whether it is a portrait, a bag or a clothe, I always keep in mind the outlines of my idea and little by little I withdraw or add elements to the creation. I guess that’s what I like about my job.

Was it easy for you to impose yourself as both a woman and an artist  in Senegal ?

Yes as a woman and more or less as an artist. For over half a century, Senegal has been at the heart of various cultural events thanks to artists and brilliant cultural actors and especially women in the field of literature, plastic art, theatre,cinema, design, dance,etc… I am grateful because thanks to them many women, included myself, have today the opportunity to exercise in different art activities freely and to impose ourselves with new forms of expression such as Slam, urban photography or graffiti. For my part, and that is where  the more and less has all its importance, women are poorly represented in graphic design and computer graphic areas. I remember when I started this job six years ago, I was reluctant to post my artworks on my website and on social networks (…) because I couldn’t see any other woman doing so. I regularly received messages (and even today) from people asking me if  I was the author of those very complex designs…  I always answer with great pleasure « Yes, it’s me. Thanks so much ». Actually, in Senegal, one of the major challenges I have met or an artist (man or woman) can met is the lack of visibility. An artist cannot be promoted as he deserves and finding an exhibition place is difficult. Significant cultural event such as the Dakar Biennale for example are periodic and the cost for an exhibition place in galleries is rather expensive. I would like to thank my dear friend of many years, designer and collaborator Haby Diallo, who kindly offered me the opportunity to organise my first exhibition in her gallery Créas I Am during the 2012 Dakar Biennale.

What about your friends and family ? What do they think about your job ? 

I grew up in a family environment where Culture, Arts and Letters reigned. My parents never oblige my older sisters and I to follow a path we didn’t want to. On the contrary they did their best providing us ressources and moral support to ensure we succeed. My father (he unfortunately died last year) was General Director for Culture and Communication  at  the Agency for Cultural and Technical Co-operation (A.C.C.T., currently OIF) and my mother was a former teacher-searcher (currently retired). My parents and my older sisters  have helped me develop my general culture. I will be forever grateful to them.  This is the reason for why everyday I am constantly trying to challenge myself as a person and also as an artist. Their opinion is important and my family is undoubtedly my main source of inspiration !

Which are the graphic designers you admire or take inspiration from ?

There are many. First, I mention the first two cartoonists who made me want to become a portraitist and practise graphic design when I was a child :  Bernard Dufossé , a comic French cartoonist of whom I enjoyed the neat aesthetic style he brought to his characters especially for the African ones. Then, comes Barly Baruti, a comic Congolese cartoonist who really inspired me until today while working  with inking. His style is so realistic that you have the impression the characters are moving on the paper. The day I contacted him to  express my admiration for his work  and discovered that was reciprocal was a great one.  He is undoubtedly a great man, friendly and pleasant !  Andy Warhol is obviously a big source of inspiration for my hand-painted textile design and my portrait realised on fabrics because he raised screnn printing to a contemporean pop art level, especially with portraits, daily items or events (…)

What are you working on now and what are you planning to work on in the future?

Currently I am working on my 2016 collection : clothes, decorative items and furnishing. I am still working on portraits, my own patterns and handmade screen printing (…)  One of my main project is to organise a yearly  artistic workshops and cultural activities such as theatre. This year, particularly, I plan to have disabled persons, hearing or visually impaired ones  from different specialised  institutions of Senegal participated in those activities. I think  art should be accessible to all as  it contributes to each one’s well-being and fulfilment. I am also planning to participate to Festigraff  (Senegal International Festival of Graffiti sheduled from 26th April to 5th May 2016). I participated to  XEEX Festival (another graffiti Festival) last December, an event created by Nicolas de la Carrera in the Medina’s neighbourhood. The Festival aims at protecting the environment and  improving the living conditions of the inhabitants . If I have time I will try to organise once again  an indiviual exhibition on portraits and craftworks.

This sketch below (Diourbel craftwoman) is our crusch. Could tou tell us more about it ? 

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My mother has been helping craftmen of all the regions of Senegal for many years. I had inspiration from the photos she took during her travels to rural communauties and the artwork I made are entirely with ink  and pen, among which, this one with the craftwomen from Diourbel who are experts in basketry and ceramics. It is a goood way to have the Senegalese handcraft known by people from here or elsewhere. Many of them are having dificulties in selling their products and unfortunately their know-how is disappearing with time. So, since 2013,  I have been meeting craftmen from different fields and I have made wedocumentaries. Art and culture are the foundation of all the Civilisations of the world and one can inspire from it to move forward.

 

Discover Aïssatou Touré’s artwork :

 

 

« Global Style Battles » : le photographe italien, Daniele Tamagni, pose un autre regard sur la mode

Cela fait plusieurs années que Daniele Tamagni sillonne les routes à la recherche de tendances dans des contextes socio-culturels différents. Récemment, le photographe italien a mis le cap sur les continents asiatique, latino-américain et africain. Si la langue, le sexe ou les origines séparent les sujets qu’il a immortalisé dans son dernier livre, l’ex-historien en art  a trouvé ce qui les relie : une tendance et une culture urbaine qui leur est propre, un style authentique devenu aujourd’hui une source d’inspiration pour le milieu de la mode. D’ailleurs, il en a fait le fil conducteur de son ouvrage photographique, « Global Style Battles » (Editions La Découverte) dont le lancement a eu lieu mercredi 3 février 2015 à Paris, lors d’un évènement organisée par African Fashion Gate.

Dans « Global Style Battles »,  vous invitez le lecteur à poser un autre regard sur la mode. Une mode sans frontières qui vient tout droit de la rue. Comment vous est venu l’idée de rendre visible l’invisible ?

Ça a toujours été ma passion, mon intérêt principal. Depuis mon travail sur les sapeurs en 2008, j’ai continué à rechercher des tendances dans des contextes sociaux, historiques, politiques…Découvrir des nouveaux styles et voir comment les jeunes de la nouvelle génération s’expriment en terme de créativité. Et surtout, valoriser cette créativité, parce que je pense que la mode, la vrai mode naît dans ces endroits. Après oui, il y a les grandes capitales de la mode, les passerelles. Mais l’inspiration que cette mode suscite…surtout en ce moment, est vraiment unique. Paul Smith, à mon avis, est un bon exemple. Il s’est inspiré des sapeurs pour sa collection (…) Le fil rouge de ce livre, c’était de créer un travail culturel…La mode n’est pas quelque chose de superficiel. Bien au contraire, elle trouve ses racines dans l’histoire, la sociologie, etc… et c’est ça qui m’a vraiment inspiré.

Pourquoi avoir porté principalement votre choix sur l’Amérique Latine et l’Afrique dans la création de vos visuels ?

Il y a aussi un chapitre que j’ai consacré à l’Asie. En fait, je suis un peu « africanisé ». Je collabore avec un magazine qui s’appelle Africa et qui traite de la culture africaine. L’approche est différente de ce que nous sommes habitués à voir dans les journaux, à savoir les guerres, les images un peu édulcorées, stéréotypées, exotiques…Notre travail consiste à rechercher des réalités de la vie quotidienne…La mode est donc un prétexte pour raconter ça. C’est une métaphore de cela. La mode exprime l’identité des gens…Il est vrai que l’intérêt principal, c’est l’Afrique. Mais je ne voulais pas faire seulement un livre sur l’Afrique pour ne pas trop marginaliser le continent. Je voulais aussi élargir mes perspectives et j’ai trouvé d’autres sujets intéressants. Je suis allé en Bolivie pour un travail sur un autre livre et le hasard m’a amené à m’intéresser aux Cholitas, à la tradition et à la culture indigène…A Cuba, par exemple, pays sujet aux changements, ce sont les racines africaines et latino-américaines qui m’ont attiré. En fait, ce ne sont pas les pays qui sont importants. Sinon j’aurais continuer avec le Brésil ou autres. Le fait est que dans tous ces choix, ces différents modes de vie, je me suis retrouvé. Je voulais montrer des données inaperçues. Mon livre est un point de départ pour un travail, un projet et montre les similitudes qui peuvent exister dans d’autres parties du monde. Ce qui est intéressant c’est qu’il n’y a pas l’Europe ou les États-Unis. Mon but n’était pas de rechercher la mode dans les pays développés mais plutôt rechercher des tendances dans des contextes urbains en Afrique, en Amérique latine et au Sud-est asiatique…avec oui une prédilection pour le continent africain.

Votre livre sonne comme un contre-pied aux industriels de la mode. Avez-vous voulu leur faire passer un message ?

Oui, oui, il y a beaucoup de messages et ce sont de bons messages. Parce que vraiment, ces jeunes, je les trouve révolutionnaires. Ils ré-interprètent les codes de la mode, de la street fashion avec un intérêt tourné vers leurs cultures et une inspiration qui vient de l’occident. Les sapeurs, par exemple, leurs vêtements sont des tenues de créateurs occidentaux qu’ils ré-interprètent à leur façon, avec du style, de la couleur. C’est comme un défi, une révolte, quelque chose de new, de différent. C’est la même chose avec les heavy metal du Botswana. C’est une musique, un style. Ce que j’aime, c’est cette relation musique/mode qui vient de l’occident associé à leurs propres accessoires. Cette créativité est d’autant plus intéressante quand on voit que les gens qui écoutent ce genre de musique ne s’habillent pas comme ça…Ils redonnent vie à une mode, un style qui a perdu toute énergie ou vitalité en Italie ou en France.

En tant que photographe, qu’est-il primordial pour vous de montrer dans vos œuvres photographiques ?

Pour moi, c’est raconter les gens. Parce que mon travail est surtout un travail  d’analyse. La mode est un prétexte pour raconter ce qu’il y a derrière l’apparence des gens. En découvrant la personnalité de ces gens, on peut mieux les raconter. Mais on  raconte aussi des styles et en faisant connaître ces styles, on raconte les changements observées dans des contextes. Mes photos ne sont pas axées seulement sur les individus. Ils tiennent compte aussi des contextes. Ce sont des photos « ambiancées », souvent spontanées…En tant que photographe, c’est vraiment la spontanéité qui m’intéresse.

Avez-vous une anecdote qui vous a particulièrement marqué et que vous souhaitez partager avec Afrique sur scène ?

A Amsterdam en 2010, j’ai participé à une exposition organisée par la Fondation Prince Claus. C’était la première fois où j’exposais les sapeurs et on a invité Willy, le jeune homme qui a fait la couverture de mon livre Gentlemen of Bacongo. Le jour du vernissage, il a disparu. Il ne voulait pas rentrer chez lui. Et pourtant, cette image iconique du livre a inspiré  la mode de manière positive…Tout ça pour vous dire que le rêve des sapeurs c’est de venir en Europe pour s’affirmer et échapper à une vie difficile quitte à rentrer dans la clandestinité. Il a préféré rester en Europe plutôt que de connaître la célébrité. Mais après tout, rentrer au pays et retrouver les difficultés…Il ne faut pas oublier que les sapeurs sont des gens qui vivent dans la débrouille mais qui dépensent pour la passion de leurs habits. Le monde des sapeurs c’est un monde de rêveurs. S’habiller comme ils le font c’est une manière de rêver. On retrouve ici la relation France/Congo ou Afrique/Occident. C’est une anecdote intéressante.

Cette photo est notre coup de cœur. Pouvez vous nous en dire plus à ce sujet ?

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Ce sont deux étudiants en mode. Ils aiment le style sartorial. Donc ils se définissent comme « sartoristic », une combinaison du terme « sartorial » et « artistique ». En fait, ils s’habillent avec les vêtement de leur père. Ils viennent d’Alexandra, un quartier des townships de Johannesbourg. Ils ont posé devant leur maison. Alors que la plupart des gens portent des vêtement colorés, eux ont fait le choix de porter des vêtements sombres. Ils se sont inspirés des grands leaders africains comme Lumumba. Ils ont un style un peu vintage des années 60. Ce sont des bloggers connus dans le milieu de la mode et sont très demandés. Ils amènent de la nouveauté. Ils fréquentent les Fashion Week et ont comme designer préféré, l’américain Tom Brown. Ce sont des jeunes qui, je pense ont un brillant avenir en tant que journaliste de mode ou encore chroniqueur de mode à Johannesbourg, une des villes les plus émergentes au niveau de la mode tout comme Dakar, je crois.

Découvrez les travaux photographiques de Daniele Tamagni sur son site internet : DANIELE TAMAGNI

 

Daniele Tamagni has been travelling around the world for years searching  trends in various socio-cultural contexts. Recently, the Italian photographer visited the Asian, Latin American and African continents. If language, gender, origins separate the individuals he captured on his latest book, the former art historian has found something that binds them together : their own urban trends and culture, their authentic style. Today, those are a source of inspiration for the world of fashion and Daniele Tamagni used them as a thread  throughout his photographic book, « Global Style Battles » (Editions La Découverte), whose launch took place in Paris on Wednesday 3rd February 2015, during the African Fashion Gate‘s event.

In « Global Style Battles », you invite the reader to take another look at fashion. Fashion without borders, straight from the street. How did the idea of having people seen the unseen come out to you ?

It has always been my passion and my main interest. Since I worked on the Sapeurs in 2008, I keep on searching changes on social, historical and political contexts…Discovering new styles and see how young people can express themselves in terms of creativity. Over all, increasing the value of that creativity, because fashion, true fashion, I think,  is originated from those places. Obviously, we can talk  about fashion capital cities,  bridges. But the inspiration that fashion raises…especially at this moment is truly unique. In my opinion, Paul Smith is a good example. He got his inspiration from the Sapeurs for his collection (…) The connecting thread throughout this book was to create a cultural work…Fashion is not something superficial. Quite on the contrary, it has its roots in history, sociology, etc. and that is what most inspired me.

Why did you mainly choose to focus on Latin America and Africa for your visuals ?

There is also a chapter dedicated to Asia. In fact, I am a little « africanised ». I am working in collaboration with a magazine entitled Africa, which deals with the African culture. The approach differs from what we are used to see in newspapers, such as wars, sweetened, stereotyped or exotic images… Our work consists in showing the realities of everyday life…Fashion is, thus, an excuse for telling stories with regards to that. It is a metaphor of that. Fashion expresses people’s identity…It is true that the main interest is Africa. But I did not want to make a book that only focuses on Africa so that to avoid having the continent marginalised. I wanted to get a global outlook and I found other interesting individuals. When I went to Bolivia for the needs of another book I was working on,  I discovered the Cholitas, the tradition and the indigenous culture by coincidence…In Cuba, for example, a country subject to changes, African and Latin American roots drew all my attention. In fact, countries are not important, in my opinion. Otherwise I would explore Brazil and many other countries. The thing is that I found myself in all those choices, those different lifestyles. I wanted to show the unseen. My book is a starting point for a work, a project and emphasizes on similarities that one can find in any other part of the world. What is interesting is that Europe and the United States are not part of the project. My goal was not searching fashion in developed countries but searching changes in African, Latin American and South Asian urban contexts…with obviously a predilection for the African continent.

Your book sounds like the exact opposite of the fashion companies. Have you tried to send them a message ?

Yes. There are many messages and they are good ones. I think those young people are revolutionary. They reinterpret fashion codes, street fashion with an interest focused on their own culture and an inspiration that comes for the western countries. The Sapeurs, for example, reinterpret western designers’ clothes with their own style and colours. It is like a challenge, a kind of rebellion, something new, different. It is the same thing with the heavy metal from Botswana. It is a music, a style. I love this connection of music/fashion that comes from the western countries associated with their own accesories. This creativity is particularly interesting, over all when one knows that people who are listening to that kind of music are not dressed like that…They revitalize a kind of fashion or style that has lost all its energy in Italy or in France.

As a photographer, what is essential to convey through your visuals ?

In my opinion, telling people’s story is important. My work is over all a work of analysis. Fashion is an excuse for explaining what is behind people’s appearance. If you understand people’s personality then you are able to tell their stories. But I am also talking about  styles and when you have those styles known you are able to talk about the changes you notice in some contexts. My visuals are not only focused on individuals. They take contexts into account. They are often spontaneous photos with an atmosphere …. As a photographer, spontaneity is what I am constantly looking for.

Do you have a little anecdote that has profound and lasting effect on you and you wish to share with Afrique sur scène ?

In 2010, I took part of an exhibition organised by Prince Claus Fund in Amsterdam. I introduced there the Sapeurs for the first time and Willy, the young man featured on the front cover of my book « Gentlemen of Bacongo » was invited. He disappeared on the day of the opening. He did not want to go back to his country. However, that iconic image of the book has positively inspired the fashion world…All this to say that the Sapeurs’ dream is to come to Europe to gain self-affirmation and to escape from a difficult life event if that means to become a clandestine. He made the choice to stay in Europe instead of being famous. But upon reflection, going back home and facing  difficulties…We must not forget that Sapeurs are people who are dealing with problems but spend a lot of money for their passion for clothes. Sapeurs’ world is a dream one. Dressing that way makes them dream . We thus come to the notion France/Congo or Africa/Western countries.  It is an interesting anecdote.

Your picture below is our crush. Could you tell us more about it ?

Those two persons are studying Fashion. They like the sartorial style. They call themselves « sartorialistic », a combination of « sartorial » and « artistic » terms. In fact they are wearing their father’s clothes. They come from Alexandra which is a neighbourhood located in  Johannesburg’s township. The picture was taken in front of their house. While most people wear coloured clothes they have made the choice to wear dark clothes. They got their inspiration from African great leaders such as Lumumba. They have got a 60’s vintage style. They are famous bloggers from the world fashion and they are much in demand because they bring novelty. They often go to Fashion week and their favourite desiger is the American Tom Brown. I think those two young persons have a strong and bright future as a fashion journalist or fashion columnist in Johannesburg, one of the most emerging city in terms of fashion as well as Dakar. 

 Discover Daniele Tamagni’s artwork on his website : DANIELE TAMAGNI

 

Dakar ta nostalgie, un film de Florence Arrigoni

Dakar, ta nostalgie, réalisé par Florence Arrigoni sera diffusé en avant-première sénégalaise, le 3 novembre 2015 à l’Institut Français de Dakar. Le documentaire, dont la sortie en salle est prévue en France le 6 janvier 2016, nous plonge dans les rues grouillantes de Dakar et nous amène à prendre conscience de la fragilité de la vie en Afrique.

« Quand je parle du sujet de mon film, beaucoup pensent que tous ces Africains dont je parle meurent du sida, alors que la première cause de mortalité est le paludisme ! En Afrique, près de 1200 enfants en meurent chaque jour ». Ce constat, aussi navrant soit-il reflète la triste réalité des pays africains. Une réalité à laquelle a été confronté la réalisatrice au cours de ses différents voyages professionnels dans la capitale depuis 1995. « Plongée ainsi dans la vie quotidienne sénégalaise, j’ai réellement pris conscience de ce que signifiait tomber malade pour la majorité des Sénégalais, sans travail, sans argent. C’est au fil du temps, en voyant mes amis décéder les uns après les autres, qu’est née mon envie de réaliser ce film ».

Ce documentaire qui est la première réalisation de la productrice (F. Arrogini a produit une quarantaine de documentaires) est un hommage à tous les sénégalais disparus faute de soins mais aussi à ceux qui continuent de se battre pour vivre.

Dakar, ta nostalgie, racontée par Florence Arrigoni  avec Clémentine Célarié en voix off / Dakar ta nostalgie, related by Florence Arrigoni with Clémentine Célarié as a voice-over.

Institut Français
86 rue Joseph Gomis – Dakar – Sénégal

3 novembre 2015 at 6:30 pm

Espace Saint-Michel
7 Place Saint-Michel – 75005 Paris – France

Sortie du film le 6 janvier 2016

« Dakar, ta nostalgie » directed by Florence Arrigoni will be premiered at the French Institute in Dakar, on 3rd November 2015. The film documentary whose release in France is scheduled on 6th January 2016, leads us into the crowded streets of Dakar and raises awareness on how fragile life can be in Africa.

« When I touch on the topic of my movie, many people think that all those Africans I am talking about are dying of AIDS while the primary cause of death is malaria ! In Africa, some 1200 children die of it every day ». This observation, as distressing it is, reflets the sad reality of African countries. A reality the Director has to deal with all along her different business trips to the capital since 1995. « Immersing myself in the Senegalese daily life, I have become aware of what it means to get sick for the majority of Senegalese people with no job and no money. Over time, I have seen my friends dying one after another. That is where my desire of directed this film was born ».

This documentary which is the producer’s first movie as a Director (F. Arrogini has already produced about 40 documentaries) is an homage to all the Senegalese people who died for lack of medical care but also to those who keep on fighiting for their life.

Institut Français
86 rue Joseph Gomis – Dakar – Sénégal

3rd November 2015

Espace Saint-Michel
7 Place Saint-Michel – 75005 Paris – France

Film’s release 6th January 2016

« Adama », le film d’animation de Simon Rouby

Adama , le film d’animation, réalisé par Simon Rouby, sort en salle mercredi 21 octobre 2015. Soutenu par le Festival d’Annecy, le long-métrage, au budget réduit, bouscule les grosses productions pour se tailler une place au soleil.

Le film relate l’histoire touchante d’un petit africain de 12 ans qui part à la recherche de son frère envoyé en France pendant la Première Guerre mondiale.

Inspiré de l’expérience douloureuse du tirailleur sénégalais Abdoulaye N’diaye, décédé un 11 novembre à l’âge de 104 ans, ce film est avant tout un conte qui se transforme petit à petit en récit historique. Son succès repose sur la volonté du jeune réalisateur de 36 ans qui fait le choix de « se concentrer uniquement sur l’information à donner au spectateur ».

Plusieurs acteurs dont Azize Diabate (La cité Rose), Pascal Nzonzi (Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ?), prêtent leurs voix aux personnages avec, comme invité surprise, le rappeur Oxmo Puccino.

« Adama », the animated film, directed by Simon Rouby, will be released in theater this 21st October 2015. Supported by the Annecy Festival, the limited budget full-lenghth movie, is challenging the major production companies so that to make a place in the sun.

The movie relates the touching story of a 12-year-old African who tracks down his brother shipped to France during the First World War.

Inspired by the painful experience of the Senegalese « tirailleur », Abdoulaye N’diaye who died on a 11th November at the age of 104, this movie is, above all, a tale that is turning into an historical narrative. Its success is based on the willing of the young 36-year-old director who has chosen « to focus only on the information given to the audience ».

Several actors including Azize Diabate (La cité Rose), Pascal Nzonzi (Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ?), are the voices of the characters together with an unexpected guest, the rapper Oxmo Puccino.